Une initative de
Marie de Nazareth

l’hydropique guéri un jour de sabbat

samedi 27 janvier 29
près de Meggido
James Tissot

Dans les évangiles : Lc 14,1-14

Luc 14,1-14

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie. Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? » Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller. Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? » Et ils furent incapables de trouver une réponse.

Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

Vision de Maria Valtorta

       335.1 Je vois Jésus qui marche rapidement sur une grand-route que le vent froid d’un matin d’hiver balaie et durcit. Les champs, des deux côtés de la route, présentent à peine un timide duvet de moissons qui viennent de percer, un fin voile de verdure qui annonce la promesse du pain à venir, mais une promesse vraiment à peine perceptible. Il y a encore, à l’ombre, des sillons dépourvus de cette végétation naissante et bénie, et seuls les sillons les plus ensoleillés ont cette teinte verte si légère et pourtant déjà joyeuse puisqu’elle annonce le printemps tout proche. Les arbres fruitiers sont encore nus, sans un bourgeon qui se gonfle sur leurs branches sombres. Seuls les oliviers ont leur couleur éternelle gris-vert, aussi triste sous le soleil d’août que dans la faible clarté de cette matinée d’hiver. Et avec eux, les feuilles grasses des cactées montrent leur couleur, un vert pâteux de céramiques à peine teintées.

       Jésus marche, comme souvent, à deux ou trois pas en avant de ses disciples. Ils sont tous bien enveloppés dans leurs manteaux de laine.

       A un certain moment, Jésus s’arrête et se retourne pour interpeller ses disciples :

       « Vous connaissez le chemin ?

       – C’est le bon, mais ensuite nous ne savons pas où se trouve la maison, car elle est à l’intérieur des terres… C’est peut-être à l’endroit de ce bosquet d’oliviers…

       – Non. Ce doit être là au fond, au contraire, là où se trouvent ces gros arbres nus…

       – Il devrait y avoir une route pour les chars… »

       En somme, ils ne savent rien de précis. On ne voit personne sur la chaussée ni dans les champs. Ils avancent au hasard, en cherchant leur route.

       Ils trouvent une petite maison de pauvres avec deux ou trois petits champs autour. Une petite fille est en train de tirer de l’eau à un puits.

       « Paix à toi, fillette, dit Jésus en s’arrêtant à la limite de la haie qui a un passage pour la circulation.

       – Paix à toi. Que veux-tu ?

       – Un renseignement. Où se trouve la maison d’Ismaël, le pharisien ?

       – Tu es perdu, Seigneur. Tu dois revenir au carrefour et prendre la direction du couchant du soleil. Mais il faut marcher beaucoup, beaucoup, car tu dois retourner là-bas, au carrefour, et puis marcher longtemps. Tu as mangé ? Il fait froid et, avec l’estomac vide, on le sent davantage. Entre, si tu veux. Nous sommes pauvres. Mais toi non plus tu n’es pas riche. Tu peux t’en arranger. Viens. »

       Et d’une voix perçante, elle appelle :

       « Maman ! »

       335.2 Une femme de trente-cinq à quarante ans sort sur le seuil. Son visage est honnête mais un peu triste. Elle tient dans les bras un enfant d’environ trois ans, à peine vêtu.

       « Entre. Le feu est allumé. Je te donnerai du lait et du pain.

       – Je ne suis pas seul, j’ai ces amis.

       – Qu’ils entrent tous et que la bénédiction de Dieu soit sur les pèlerins que j’accueille. »

       Ils entrent dans une cuisine basse et sombre qu’égaie un feu pétillant. Ils s’asseyent çà et là sur des coffres bruts.

       « Maintenant, je vais préparer… C’est le matin… Je n’ai encore rien mis en ordre… Excusez-moi.

       – Tu es seule ? »

       C’est Jésus qui parle.

       « J’ai un mari et des enfants. Sept. Les deux plus grands sont encore au marché de Naïm. C’est à eux d’y aller parce que mon mari est malade. C’est une grande douleur ! Les fillettes m’aident. Celui-ci est le plus petit, mais j’en ai encore un autre à peine plus grand. »

       Le petit, maintenant vêtu de sa tunique, accourt pieds nus vers Jésus et le regarde avec curiosité. Jésus lui sourit. L’amitié est faite.

       « Qui tu es ? demande l’enfant avec confiance.

       – Je suis Jésus. »

       La femme se retourne pour le regarder attentivement. Elle est restée avec un pain dans les mains, entre le foyer et la table. Elle ouvre la bouche pour parler, mais se tait. L’enfant continue :

       « Tu vas où ?

       – Sur les chemins du monde.

       – Pour quoi faire ?

       – Pour bénir les gentils enfants et leurs maisons où l’on est fidèle à la Loi. »

       335.3 La femme se retourne pour faire un geste, puis elle fait un signe à Judas qui est le plus près d’elle. Il se penche vers la femme qui demande :

       « Qui est ton ami ? »

       Et Judas, hautain, (il donne l’impression que c’est grâce à son mérite et à sa faveur que Jésus est le Messie):

       « C’est le Rabbi de Galilée, Jésus de Nazareth. Tu l’ignores, femme ?

       – La Galilée n’est pas à notre portée et moi, j’ai tant de soucis ! Mais… est-ce que je pourrais lui en parler ?

       – Tu le peux » dit avec condescendance Judas.

       On dirait un gros bonnet qui accorde une audience…

       Jésus continue de parler avec l’enfant qui lui demande s’il a lui aussi des enfants. Pendant que la fillette déjà vue et une autre un peu plus grande apportent du lait et des bols, la femme s’approche de Jésus. Elle reste un peu hésitante, puis elle pousse un cri étouffé :

       « Jésus, aie pitié de mon mari ! »

       Jésus se lève. Il la domine de sa grande taille, mais il la regarde avec tant de bonté qu’elle s’enhardit.

       « Que veux-tu que je fasse ?

       – Il est très malade, gonflé comme une outre, il ne peut plus se baisser pour travailler. Il ne trouve pas de repos, car il étouffe et s’agite… Et nous avons des enfants encore petits…

       – Tu veux que je le guérisse ? Mais pourquoi attends-tu cela de moi ?

       – Parce que c’est toi. Je ne te connaissais pas, mais j’ai entendu parler de toi. Le hasard t’a conduit chez moi après que je t’ai cherché à Naïm et à Cana à trois reprises. Deux fois, mon mari était présent lui aussi. Il te cherchait, malgré la souffrance qu’il éprouvait à se déplacer en char… Encore maintenant, il est parti avec son frère… On nous avait rapporté que le Rabbi, ayant quitté Tibériade, allait à Césarée de Philippe. Il s’y est rendu pour t’attendre…

       – Je ne suis pas allé à Césarée.

       335.4 Je vais chez le pharisien Ismaël, après quoi je me dirigerai vers le Jourdain…

       – Toi, qui es bon, tu vas chez Ismaël ?

       – Oui. Pourquoi ?

       – Parce que… parce que… Seigneur, je sais que tu dis de ne pas juger, de pardonner et de s’aimer. Je ne t’ai jamais vu, mais j’ai cherché à me renseigner sur toi, le plus que je pouvais, et j’ai prié l’Eternel de pouvoir t’entendre ne serait-ce qu’une fois. Je ne veux pas faire quoi que ce soit qui te déplaise… Mais comment ne pas juger Ismaël et l’aimer ? Moi, je n’ai rien de commun avec lui et je n’ai donc rien à lui pardonner. Les insolences qu’il nous lance à la figure quand il rencontre notre pauvreté sur son chemin, nous les secouons avec la même patience que nous secouons la boue ou la poussière qu’il projette sur nous en passant rapidement en char. Mais l’aimer et ne pas le juger, c’est trop difficile… Il est tellement méchant !

       – Il est tellement méchant ? Avec qui ?

       – Avec tout le monde. Il opprime ses serviteurs, il prête avec usure, et il a des exigences cruelles. Il n’aime que lui-même. Il est le plus cruel de la région. Il ne mérite rien, Seigneur.

       – Je le sais. Tu dis vrai.

       – Et tu vas chez lui ?

       – Il m’a invité.

       – Méfie-toi, Seigneur. Il ne l’a sûrement pas fait par amour. Il ne peut pas t’aimer. Et toi… tu ne peux pas l’aimer.

       – Moi, j’aime même les pécheurs, femme. Je suis venu pour sauver ceux qui sont perdus…

       – Mais lui, tu ne le sauveras pas. Oh ! Pardon d’avoir jugé ! Toi, tu sais… Tout est bien de ce que tu fais ! Pardonne à ma sotte langue et ne me punis pas.

       – Je ne te punis pas, mais ne le fais plus. Aime même les méchants, non pas pour leur méchanceté, mais parce que c’est par l’amour qu’on leur obtient la miséricorde qui les convertit. Tu es bonne et désireuse de l’être encore davantage. Tu aimes la vérité, et la Vérité qui te parle te dit qu’elle t’aime, car selon la Loi, tu as pitié de l’hôte et du pèlerin et c’est ainsi que tu as élevé tes enfants. Dieu sera ta récompense.

       335.5 Je dois aller chez Ismaël qui m’a invité pour me présenter à ses nombreux amis qui veulent faire ma connaissance. Je ne puis attendre ton mari qui, sache-le, est sur le chemin du retour. Mais dis-lui de souffrir encore un peu et de venir tout de suite chez Ismaël. Viens, toi aussi. Je le guérirai.

       – Oh ! Seigneur !… »

       La femme est à genoux aux pieds de Jésus et le regarde, riant et pleurant à la fois. Puis elle dit :

       « Mais c’est le sabbat, ce soir !…

       – Je le sais. J’ai besoin que ce soit le sabbat pour dire quelque chose à ce propos à Ismaël. Tout ce que je fais, je le fais dans un but clair et exempt d’erreur. Sachez-le tous, même vous, mes amis qui avez peur et voudriez que je conforme ma conduite aux convenances humaines pour ne pas en subir de dommage. C’est l’amour qui vous guide, je le sais. Mais vous devez savoir aimer mieux celui que vous aimez, en ne faisant jamais passer l’intérêt divin après l’intérêt de celui que vous aimez. Femme, je pars et je t’attends. Qu’une paix perpétuelle règne dans cette maison où l’on aime Dieu et sa Loi, où l’on respecte le mariage et où l’on élève saintement les enfants, où l’on aime son prochain et où l’on recherche la vérité. Adieu. »

       Jésus pose la main sur la tête de la femme et des deux fillettes, il se penche pour embrasser les enfants plus petits, et il sort.

       Un faible soleil d’hiver tempère maintenant la fraîcheur de l’air. Un garçon d’environ quinze ans attend avec un char rudimentaire en très mauvais état.

       « Je n’ai que cela, Seigneur. Mais tu auras plus vite fait et plus commodément.

       – Non, femme. Garde frais le cheval pour venir chez Ismaël. Montre-moi seulement la route la plus courte. »

       Le garçon l’accompagne et, à travers champs et prés, ils se dirigent vers une ondulation de terrain. Au-delà s’étend une vaste cuvette de quelques hectares bien cultivée, au milieu de laquelle se trouve une belle maison, large et basse, entourée d’un jardin bien entretenu.

       « Voici la maison, Seigneur » dit le garçon. « Si tu n’as plus besoin de moi, je vais rentrer chez nous pour aider ma mère.

       – Va et sois toujours un bon fils. Dieu est avec toi. »

       335.6 Jésus entre dans la somptueuse maison de campagne d’Ismaël. Des serviteurs en grand nombre accourent à la rencontre de l’Hôte, certainement attendu. D’autres vont prévenir le maître qui sort au devant de Jésus en s’inclinant profondément.

       « Sois le bienvenu chez moi, Maître !

       – Paix à toi, Ismaël Ben Fabi. Tu as désiré ma présence : je viens. Pourquoi m’as-tu invité ?

       – Pour avoir l’honneur de t’accueillir et te présenter mes amis. Je veux qu’ils soient aussi les tiens, comme je veux que tu sois pour moi un ami.

       – Je suis l’ami de tout le monde, Ismaël.

       – Je le sais. Mais, tu comprends ! Il est bon d’avoir des amitiés en haut lieu. La mienne et celle de mes amis sont de cet ordre. Toi, pardonne-moi de te le dire, tu négliges trop ceux qui peuvent t’appuyer…

       – Et tu es de ceux-ci ? Pourquoi ?

       – Je suis de ceux-ci. Pourquoi ? Parce que je t’admire et que je veux que tu sois pour moi un ami.

       – Un ami ! Mais sais-tu, Ismaël, le sens que je donne à ce mot ? Pour beaucoup, un ami veut dire une connaissance, pour d’autres un complice, pour d’autres un serviteur. Pour moi cela veut dire : une personne fidèle à la Parole du Père. Qui n’est pas cela ne peut être un ami pour moi, ni moi pour lui.

       – Mais c’est justement parce que je veux être fidèle que je désire ton amitié, Maître. Tu ne le crois pas ? 335.7 Regarde : voici Eléazar qui arrive. Demande-lui comment je t’ai défendu auprès des Anciens. Eléazar, je te salue. Viens, car le Rabbi veut te demander quelque chose. »

       Profondes salutations et réciproques coups d’œil investiga­teurs.

       « Toi, Eléazar, raconte ce que j’ai dit du Maître la dernière fois que nous nous sommes réunis » dit Ismaël.

       Il s’en va et laisse son ami auprès de Jésus.

       « Oh ! Un véritable éloge ! Une défense passionnée ! Il m’est alors venu l’envie de t’entendre, tant Ismaël parlait de toi, Maître, comme du plus grand Prophète qui ait été envoyé au peuple d’Israël. Je me souviens qu’il disait que personne n’avait une parole plus profonde que la tienne, n’exerçait une fascination plus grande, et que si tu sais mettre en œuvre l’épée aussi bien que tu sais parler, il n’y aura pas de roi plus grand que toi en Israël.

       – Mon Royaume !… Ce Royaume n’est pas terrestre, Eléazar.

       – Mais le roi d’Israël ?!

       – Que vos esprits s’ouvrent pour comprendre le sens des paroles secrètes. Le Royaume du Roi des rois viendra, mais pas selon la façon de voir humaine. Non pas pour ce qui périt, mais pour ce qui est éternel. On y arrive ni par un chemin bien paré et triomphal, ni sur un tapis que le sang des ennemis rend pourpre, mais par le rude chemin du sacrifice et par la douce échelle du pardon et de l’amour. Ce sont les victoires contre nous-mêmes qui nous donneront ce Royaume. Dieu veuille que le plus grand nombre de juifs puissent me comprendre. Mais ce ne sera pas le cas. Vous pensez ce qui n’est pas. Dans ma main, il y aura un sceptre royal et éternel, et c’est le peuple d’Israël qui l’y aura mis. Aucun roi ne pourra l’enlever à ma Maison. Mais beaucoup en Israël ne pourront le voir sans frémir d’horreur, car il portera un nom qui sera atroce pour eux.

       – Tu nous crois incapables de te suivre ?

       – Si vous le vouliez, vous le pourriez. Mais vous ne le voulez pas. Et pourquoi ne le voulez-vous pas ? Vous êtes âgés à présent. L’âge devrait vous donner compréhension et justice. Justice aussi pour vous-mêmes. Les jeunes… pourront se tromper et se repentir plus tard. Mais vous ! La mort est toujours proche pour les plus âgés. Eléazar, tu es moins enveloppé dans les théories que beaucoup de tes semblables. Ouvre ton cœur à la Lumière… »

       335.8 Ismaël revient avec cinq autres pharisiens cérémonieux.

       « Venez donc dans la maison » dit le maître.

       Et, quittant l’atrium garni de sièges et de tapis, ils entrent dans une pièce où on leur apporte des amphores et des bassines pour les ablutions. Puis ils passent dans la salle à manger, très richement préparée.

       « Jésus à côté de moi, entre Eléazar et moi » ordonne le maître de maison.

       Et Jésus, qui s’était tenu au fond de la salle près des apôtres un peu intimidés et laissés de côté, doit s’asseoir à la place d’honneur.

       Le repas commence par de nombreux plats de viandes et de poissons rôtis. Des vins et, me semble-t-il, des sirops ou au moins de l’hydromel, passent et repassent.

       335.9 Tous essaient de faire parler Jésus. L’un d’eux, très âgé, tout tremblotant, demande d’une voix éraillée de vieillard décrépit :

       « Maître, est-ce vrai que tu as l’intention de modifier la Loi, comme on le prétend ?

       – Je ne changerai pas un iota à la Loi. Au contraire (et Jésus appuie sur les mots), je suis venu précisément pour la rendre de nouveau intacte comme quand elle fut donnée à Moïse.

       – Voudrais-tu dire qu’elle a été changée ?

       – Non, jamais. Elle a seulement subi le sort de toutes les institutions éminentes remises dans la main des hommes.

       – Que veux-tu dire ? Précise.

       – Je veux dire que l’homme, par suite de l’ancien orgueil ou sous l’influence de l’ancien foyer de la triple concupiscence, a voulu en retoucher les paroles droites et en a fait un fatras qui opprime les fidèles alors que, pour ceux qui les ont retouchées, ce n’est qu’un amas de phrases… qu’on laisse à l’usage des autres.

       – Mais, Maître ! Nos rabbins…

       – C’est une accusation !

       – Ne nous déçois pas dans notre désir de t’être utile !

       – Ah ! Ils ont bien raison de te traiter de révolté !

       – Silence ! Jésus est mon hôte. Qu’il parle en toute liberté.

       – Nos rabbins, pour commencer, se sont ingéniés et ont peiné dans l’intention sainte de rendre plus facile l’application de la Loi. Dieu lui-même a commencé cet enseignement quand, aux paroles des dix commandements, il a ajouté des explications plus détaillées. Cela pour que l’homme n’ait pas l’excuse de ne pas avoir su comprendre. Donc l’œuvre des maîtres qui ont coupé en petits morceaux pour les petits de Dieu le pain donné par Dieu à l’esprit fut une œuvre sainte. Mais elle est sainte si elle tend vers un but honnête. Ce n’a pas toujours été le cas, et maintenant moins que jamais. Mais pourquoi voulez-vous me le faire dire, vous qui vous offensez si je vous énumère les fautes des puissants ?

       – Des fautes ! Des fautes ! Nous n’avons que des fautes, nous ?

       – Je voudrais bien que vous n’ayez que des mérites !

       – Mais nous ne les avons pas. C’est ce que tu penses, et ton regard le confirme. 335.10 Jésus, ce n’est pas en critiquant que l’on acquiert l’amitié des puissants. Tu ne règneras pas. Tu n’en connais pas l’art.

       – Je ne demande pas à régner comme vous l’imaginez, et je ne mendie pas des amitiés. C’est l’amour que je veux, mais un amour honnête et saint. Un amour qui va de moi à ceux que j’aime, et qui se manifeste en faisant preuve à l’égard des pauvres de ce dont je prêche l’usage : la miséricorde.

       – Moi, depuis que je t’ai entendu, je ne prête plus à usure, dit l’un.

       – Et Dieu t’en récompensera.

       – Après qu’on m’eut rapporté l’une de tes paraboles, dit un autre, le Seigneur m’est témoin que je n’ai plus frappé mes serviteurs qui auraient mérité le fouet.

       – Et moi ? Ce sont plus de dix boisseaux d’orge que j’ai laissés dans les champs pour les pauvres ! » s’exclame son voisin.

       Les pharisiens se louent copieusement.

       Ismaël a gardé le silence. Jésus l’interpelle :

       « Et toi, Ismaël ?

       – Oh ! Moi… Moi, j’ai toujours fait preuve de miséricorde. Je n’ai qu’à continuer comme j’ai toujours agi.

       – C’est bien pour toi ! S’il en est réellement ainsi, tu es l’homme qui ne connaît pas les remords.

       – Ah ! Certainement pas ! »

       Jésus le transperce de son œil de saphir.

       335.11 Eléazar touche le bras de Jésus :

       « Maître, écoute-moi. J’ai un cas particulier à te soumettre. J’ai acquis récemment la propriété d’un malheureux qui s’est ruiné pour une femme. Il me l’a vendue, mais sans me dire qu’il y avait une vieille servante, sa nourrice, désormais aveugle et presque idiote. Le vendeur n’en veut pas. Moi… j’aurais préféré qu’elle s’en aille. Mais la jeter à la rue… Que ferais-tu, Maître ?

       – Toi, que ferais-tu si tu devais donner un conseil à un autre ?

       – Je dirais : “ Garde-la. Ce n’est pas un pain qui va te ruiner. ”

       – Et pourquoi parlerais-tu ainsi ?

       – Mais… parce que je pense que c’est ainsi que j’agirais et je voudrais qu’on agisse ainsi à mon égard…

       – Tu es très près de la justice, Eléazar. Agis comme tu conseil­lerais de le faire et le Dieu de Jacob sera toujours avec toi.

       – Merci, Maître. »

       Les autres bougonnent entre eux.

       « Qu’avez-vous à murmurer ? » demande Jésus. « N’ai-je pas dit ce qui est juste ? Et lui, n’a-t-il pas parlé avec justice ? Ismaël, défends tes hôtes, toi qui as toujours agi avec miséricorde.

       – Maître, tu parles bien, mais… si on agissait toujours ainsi !… On serait victime des autres.

       – Et il vaut mieux, selon toi, que ce soient les autres qui soient nos victimes, n’est-ce pas ?

       – Je ne dis pas cela. Mais il y a des cas…

       – La Loi prescrit d’avoir pitié…

       – Oui, pour le frère pauvre, pour l’étranger, le pèlerin, la veuve et l’orphelin. Mais cette vieille femme, qui est tombée dans les bras d’Eléazar, n’est pas sa sœur, ni pèlerine, ni étrangère, ni orpheline ou veuve. Elle n’est rien pour lui. Ni plus ni moins qu’un vieux tableau, oublié par son vrai maître dans la propriété vendue. Eléazar pourrait donc la chasser sans le moindre scrupule. Enfin, la responsabilité de la mort de la vieille ne lui reviendrait pas à lui, mais à son ancien maître…

       – … qui ne peut plus la garder puisqu’il est pauvre lui aussi, et par conséquent lui aussi est exempt d’obligations. De sorte que si la petite vieille meurt de faim, c’est elle qui est coupable, n’est-ce pas ?

       – C’est cela, Maître. C’est le sort de ceux… qui ne servent plus. Les malades, les vieillards, les incapables sont condamnés à la misère, à la mendicité. Et la mort est ce qu’il y a de mieux pour eux… C’est ainsi depuis que le monde est monde, et il en sera toujours ainsi…

       335.12 – Jésus, aie pitié de moi ! »

       On entend ce cri de détresse malgré les fenêtres fermées, car la salle est bien close et les lampes allumées, sans doute à cause du froid.

       « Qui m’appelle ?

       – Quelque importun. Je vais le faire chasser. Ou quelque mendiant. Je lui ferai donner un pain.

       – Jésus, je suis malade. Sauve-moi !

       – Je l’ai dit : un importun. Je punirai les serviteurs pour l’avoir fait passer. »

       Et Ismaël se lève. Mais Jésus, plus jeune d’au moins vingt ans et qui le dépasse du cou et de la tête, l’oblige à se rasseoir en lui mettant la main sur l’épaule et en ordonnant :

       « Reste, Ismaël. Je veux voir celui qui me cherche. Faites-le entrer. »

       Un homme aux cheveux encore noirs entre. Il peut avoir dans les quarante ans. Mais il est enflé comme un tonneau et jaune comme un citron, avec les lèvres violettes entrouvertes et la bouche haletante. Il est accompagné par la femme de la première partie de la vision.

       L’homme avance avec peine à cause de sa maladie et parce qu’il a peur : il voit qu’on le regarde d’un si mauvais œil ! Mais Jésus a quitté sa place et s’est approché du malheureux pour le prendre par la main et l’amener au milieu de la salle, dans l’espace vide entre les tables disposées en fer à cheval. Exactement sous le lampadaire.

       « Que veux-tu de moi ?

       – Maître… je t’ai tant cherché… depuis si longtemps… Je ne veux rien que la santé… pour mes enfants et ma femme… Toi, tu peux tout… Vois à quoi je suis réduit…

       – Et tu crois que je puis te guérir ?

       – Si je le crois !… Chaque pas m’est douloureux… chaque secousse pénible… et pourtant j’ai fait des milles pour te chercher… puis je t’ai suivi aussi en char… mais je ne te rattrapais jamais… Si je le crois !… Je suis étonné de n’être pas encore guéri, depuis que ma main est dans la tienne, car tout en toi est saint, ô Saint de Dieu. »

       Le pauvre homme souffle comme un phoque sous l’effort qu’il fait pour tant parler. La femme regarde son mari et Jésus, et elle pleure.

       335.13 Jésus les observe et sourit. Puis il se retourne et demande :

       « Toi, vieux scribe (il parle au vieil homme à la voix chevrotante qui a parlé le premier), réponds-moi : est-il permis de guérir un jour de sabbat ?

       – Pendant le sabbat aucun travail n’est permis.

       – Même pas de sauver quelqu’un du désespoir ? Ce n’est pas un travail manuel.

       – Le sabbat est consacré au Seigneur.

       – Quelle œuvre plus digne d’un jour sacré que de faire en sorte qu’un fils de Dieu dise à son Père : “ Je t’aime et je te loue parce que tu m’as guéri ” ?

       – Il doit le faire même s’il est malheureux.

       – Chanania, sais-tu qu’en ce moment ton bois le plus beau est en train de brûler, et que toute la pente du mont Hermon rougit de l’éclat des flammes ? »

       Le vieil homme bondit comme si un serpent l’avait mordu :

       « Maître, dis-tu la vérité ou bien est-ce une plaisanterie ?

       – Je dis la vérité. Je vois et je sais.

       – Ah ! Malheureux que je suis ! Mon bois le plus beau ! Des milliers de sicles en cendres ! Malédiction ! Maudits soient les chiens qui m’y ont mis le feu ! Que leurs viscères brûlent comme mon bois ! »

       Le petit vieux est désespéré.

       « Ce n’est qu’un bois, Canania[56], et tu te plains ! Pourquoi ne loues-tu pas le Seigneur dans ce malheur ? Cet homme ne perd pas du bois qui repousse, mais la vie et le pain de ses enfants, et il devrait louer quand toi tu ne le fais pas ? Donc, scribe, il ne m’est pas permis de le guérir le jour du sabbat ?

       – Maudit soyez-vous, toi, lui et le sabbat ! J’ai bien autre chose à penser, moi… »

       Et, bousculant Jésus qui lui avait mis une main sur le bras, il sort furieux et on l’entend brailler de sa voix chevrotante pour avoir son char.

       « Et maintenant ? » demande Jésus en tournant son regard vers les autres. « A votre tour, dites-moi : est-ce permis ou non ? »

       Personne ne répond. Eléazar baisse la tête après avoir entrouvert les lèvres, que pourtant il referme, saisi par le froid qui a envahi la salle.

       « Eh bien ! Moi, je vais parler » dit Jésus.

       Son aspect est imposant et sa voix est un tonnerre comme toujours quand il va opérer un miracle.

       « Je vais parler. Je parle. Je dis : homme, qu’il te soit fait selon ce que tu crois. Tu es guéri. Loue l’Eternel. Va en paix. »

       L’homme reste interdit. Peut-être pensait-il redevenir d’un coup agile comme autrefois. Et il lui semble qu’il n’est pas guéri. Mais qui sait ce qu’il ressent… il pousse un cri de joie, se jette aux pieds de Jésus et les baise.

       « Va, va ! Sois toujours bon. Adieu ! »

       L’homme sort, suivi de la femme qui, jusqu’au dernier moment, se retourne pour saluer Jésus.

       335.14 « Pourtant, Maître… Dans ma maison… Le jour du sabbat…

       – Tu n’approuves pas ! Je le sais. Et c’est pour cela que je suis venu. Mon ami, toi ? Non. Mon ennemi. Tu n’es pas sincère avec moi, ni avec Dieu.

       – Tu m’offenses, maintenant ?

       – Non, je dis la vérité. Tu as dit qu’Eléazar n’est pas tenu de secourir cette petite vieille parce qu’elle n’appartient pas à sa propriété. Mais toi, tu avais deux orphelins dans ta propriété. C’étaient les enfants de deux serviteurs fidèles qui sont morts à la tâche, l’un avec la faux en main, l’autre tuée par une fatigue excessive. Pour que tu la gardes, tu avais exigé qu’elle ajoute à son service celui de son mari. Tu disais : “ J’ai passé un contrat pour deux travailleurs et, pour te garder, j’exige ton travail et celui du mort. ” C’est ce qu’elle a fait, et elle est morte avec l’enfant qu’elle portait, car cette femme était mère, et elle n’a pas obtenu la pitié que l’on a pour une bête qui engendre. Où sont maintenant ces deux enfants ?

       – Je ne sais pas… Ils ont disparu, un jour.

       – Ne mens pas maintenant. Avoir été cruel suffit. Il ne faut pas ajouter le mensonge pour rendre tes sabbats odieux à Dieu, même s’ils sont exempts d’œuvres serviles. Où sont ces enfants ?

       – Je ne sais pas. Je ne sais plus, sois-en sûr.

       – Moi, je le sais. Je les ai trouvés un soir de novembre, froid, pluvieux, sombre. Je les ai trouvés affamés et tremblants, près d’une maison, comme deux petits chiens à la recherche d’une bouchée de pain… Maudits et chassés par un homme qui avait des entrailles de chien, un homme pire qu’un chien, car un chien aurait eu pitié de ces deux orphelins. Or cet homme et toi, vous n’avez pas eu pitié. Leurs parents ne te servaient plus, n’est-ce pas ? Ils étaient morts. Les morts ne peuvent que pleurer dans leurs tombeaux, en entendant les sanglots de leurs enfants malheureux dont les autres ne s’occupent pas. Cependant les morts portent à Dieu, par leur âme, leurs pleurs et ceux de leurs enfants orphelins, et ils disent : “Seigneur, à toi d’exercer nos vengeances, puisque le monde opprime quand il ne peut plus exploiter. ” Les deux enfants n’étaient pas encore en âge de te servir, n’est-ce pas ? Oui et non, car la petite pouvait servir pour glaner… Et tu les as chassés, en leur refusant même le peu de bien qui appartenait à leurs parents. Ils pouvaient mourir de faim et de froid comme deux chiens au bord d’une route. Ils pouvaient vivre en devenant, l’un voleur, l’autre une prostituée, car la faim porte au péché. Mais que t’importait ?

       A l’instant, tu as cité la Loi à l’appui de tes théories. Or la Loi ne dit-elle pas : “ Ne faites pas tort à la veuve et à l’orphelin. Si vous leur faites du tort, leurs voix s’élèveront vers moi, j’entendrai leurs cris et ma fureur s’enflammera ; je vous exterminerai par l’épée, et vos femmes resteront veuves et vos enfants orphelins ” ? N’est-ce pas ce que dit la Loi ? Alors, pourquoi ne l’observes-tu pas ? Tu m’as défendu auprès des autres ? Alors pourquoi ne prends-tu pas la défense de ma doctrine en toi-même ? Tu veux être pour moi un ami ? Alors pourquoi fais-tu le contraire de ce que je dis ? L’un de vous est en train de courir à perdre haleine, en s’arrachant les cheveux à cause de la ruine de son bois. Et il ne se les arrache pas pour les ruines de son cœur ! Et toi, qu’attends-tu pour le faire ?

       335.15 Pourquoi voulez-vous vous croire parfaits, vous à qui le sort a donné une haute situation ? Et même si vous l’êtes en quelque chose, pourquoi ne cherchez-vous pas à l’être en tout ? Pourquoi me haïssez-vous parce que je découvre vos plaies ? Je suis le Médecin de votre âme. Est-ce qu’un médecin peut guérir sans mettre à nu et nettoyer les plaies ? Mais ne savez-vous pas que beaucoup – et cette femme qui est sortie est de leur nombre – méritent la première place au banquet de Dieu en dépit de leur piètre apparence ? Ce n’est pas l’extérieur qui a de la valeur, mais le cœur et l’âme. Dieu vous voit du haut de son trône, et il vous juge. Combien il en voit qui valent mieux que vous ! Par conséquent, écoutez-moi :

       Prenez toujours comme règle de conduite ceci : quand on vous invite à un banquet de noces, choisissez toujours la dernière place. Il vous en reviendra un double honneur quand le maître vous dira : “ Mon ami, avance ” : honneur de mérite et honneur d’humilité. Alors que… Quel triste moment pour un orgueilleux d’avoir la honte de s’entendre dire : “ Va là-bas, au fond, car il y a quelqu’un de plus important que toi. ” Et faites la même chose dans le banquet secret de votre âme pour les noces avec Dieu. Qui s’abaisse sera élevé, et qui s’élève sera rabaissé.

       335.16 Ismaël, ne me hais pas, car je te soigne. Moi, je ne te hais pas. Je suis venu pour te guérir. Tu es plus malade que cet homme. Tu m’as invité pour te donner du prestige à toi-même et satisfaire tes amis. Tu invites souvent, mais par orgueil et pour ton plaisir. Ne le fais pas. N’invite pas les riches, les parents, les amis. Mais ouvre ta maison, ouvre ton cœur aux pauvres, aux mendiants, aux estropiés, aux boiteux, aux orphelins et aux veuves. Ils ne te donneront en échange que des bénédictions. Mais Dieu les changera pour toi en grâces. Et à la fin… oh ! À la fin, quel sort bienheureux pour tous les miséricordieux qui seront récompensés par Dieu à la résurrection des morts !

       Malheur à ceux qui caressent seulement un espoir de profit puis ferment leur cœur au frère qui ne peut plus servir. Malheur à eux ! Je vengerai ceux qui ont été abandonnés.

       – Maître… je… je veux te satisfaire. Je reprendrai ces enfants.

       – Non.

       – Pourquoi ?

       – Ismaël !… »

       Ismaël baisse la tête. Il veut faire l’humble. Mais c’est une vipère à laquelle on a extrait le venin et elle ne mord plus parce qu’elle sait qu’elle n’en a plus ; toutefois elle attend le moment de mordre…

       335.17 Eléazar essaie de ramener la paix en disant :

       « Bienheureux ceux qui prennent part au banquet de Dieu dans leur âme et dans le Royaume éternel. Mais crois-le bien, Maître, c’est la vie qui nous apporte des obstacles. Les charges… les occupations… »

       Alors Jésus dit la parabole du banquet et achève :

       « Les charges… les occupations, as-tu dit. C’est vrai. C’est pour cela que je t’ai dit, au commencement de ce banquet, que mon Royaume se conquiert par des victoires sur soi-même et non par des victoires sur des champs de bataille. La place au grand Banquet est destinée à ces humbles de cœur qui savent être grands par leur fidèle amour qui ne mesure pas le sacrifice et qui surmonte tout pour venir à moi. Même une heure suffit pour changer un cœur, pourvu que ce cœur le veuille. Et il suffit d’une parole. Je vous en ai dit tellement ! Et je regarde… Dans un cœur va naître une plante sainte. Dans les autres, des ronces pour moi et, dans ces ronces, des aspics et des scorpions. Peu importe. Je vais droit mon chemin. Qui m’aime me suive. Je marche en appelant à ma suite. Que ceux qui ont le cœur droit viennent à moi. Je vais en instruisant. Que ceux qui cherchent la justice s’ap­prochent de la Source. Pour les autres… pour les autres, c’est le Père saint qui les jugera.

       Ismaël, je te salue. Ne me hais pas. Réfléchis. Et rends-toi compte que j’ai été sévère par amour, non par haine. Paix à cette maison et à ceux qui l’habitent, paix à tous si vous la méritez. »

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