Une initative de
Marie de Nazareth

Guérison d’un sourd-muet

mardi 6 février 29
vers Cédès
James Tissot

Dans les évangiles : Mc 7,31-37

Marc 7,31-37

Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Vision de Maria Valtorta

       341.1 Je ne sais où les pèlerins ont passé la nuit. Je sais que de nouveau c’est le matin, qu’ils sont en route, toujours à travers des régions montagneuses. Jésus a la main bandée et Jacques, fils d’Alphée, le front bandé, André boite fortement et Jacques, fils de Zébédée marche sans son sac qu’a pris son frère Jean.

       Par deux fois Jésus a demandé :

       « Tu arrives à marcher, André ?

       – Oui, Maître. Je marche mal à cause du bandage, mais la souffrance n’est pas forte. »

       Et la seconde fois il ajoute :

       « Et ta main, Maître ?

       – Une main n’est pas une jambe. Elle se repose et souffre peu.

       – Hum ! Peu, je ne le crois pas, gonflée et ouverte jusqu’à l’os comme elle l’est… L’huile fait du bien. Mais il aurait peut-être été préférable de nous être fait donner un peu de cet onguent de ta Mère par…

       – Par ma Mère. Tu as raison, dit vivement Jésus, prévoyant ce qui va sortir des lèvres de Pierre, qui rougit de confusion en regardant d’un air désolé son Jésus. Mais le Maître lui sourit et appuie justement sa main blessée sur l’épaule de son apôtre pour l’attirer à lui.

       – Tu vas te faire mal à rester ainsi.

       – Non, Simon. Tu m’aimes et ton amour est une bonne huile salutaire.

       – Oh ! Alors, si c’est cela, tu devrais déjà être guéri ! Nous avons tous souffert de te voir ainsi traité, et il y en a qui ont pleuré. »

       Et Pierre regarde Jean et André…

       « L’huile et l’eau sont de bons remèdes, mais les larmes d’amour et de pitié sont ce qu’il y a de plus puissant. Et, vous voyez ? Je suis bien plus heureux aujourd’hui qu’hier. Car aujourd’hui je sais combien vous êtes obéissants et combien vous m’aimez. Tous. »

       Jésus les regarde de son doux regard dans lequel désormais il y a habituellement de la tristesse et où luit, ce matin, une faible lueur de joie.

       341.2 « Mais quelles hyènes ! Je n’ai jamais vu une haine pareille ! » dit Jude. « Ils devaient tous être Ludéens.

       – Non, mon frère. Ce n’est pas une question de région. La haine est la même partout. Rappelle-toi qu’à Nazareth, il y a plusieurs mois, j’ai été chassé et qu’ils voulaient me lapider. Tu ne t’en souviens pas ? » dit Jésus calmement.

       Cela sert à consoler les Judéens des paroles de Jude. Ils sont même si bien consolés que Judas dit :

       « Mais cela, je le dirai. Ah ! Oui, je vais le dire ! Nous ne faisions rien de mal. Nous n’avons pas réagi et Jésus a parlé avec tout son amour, au commencement. Et comme des serpents, ils nous ont lapidés. Je le dirai.

       – Et à qui, s’ils sont tous contre nous ?

       – Je sais bien à qui. En attendant, dès que je vais voir Etienne ou Hermas, je vais le leur dire. Gamaliel l’apprendra immédiatement. Mais à la Pâque, je le dirai à qui je sais, moi. Je dirai : “ Il n’est pas juste d’agir ainsi. Votre fureur est illégale. C’est vous qui êtes coupables, pas lui. ”

       – Tu ferais mieux de ne pas fréquenter ces seigneurs !… Il me semble que, toi aussi, tu es coupable à leurs yeux, conseille sagement Philippe.

       – C’est vrai. Mieux vaut ne pas les fréquenter. Oui, cela vaut mieux. Mais à Etienne, je le dirai. Lui, il est bon et n’empoisonne pas…

       – Laisse tomber, Judas. Tu n’arrangerais rien. Moi, j’ai pardonné. N’y pensons plus », dit Jésus d’un ton calme et persuasif.

       341.3 A deux reprises, en rencontrant des ruisseaux, aussi bien André que les deux Jacques lavent les bandes qu’ils ont sur leurs contusions. Pas Jésus : il poursuit tranquillement comme s’il ne sentait pas la douleur.

       Pourtant elle doit être sensible puisque, lorsqu’ils s’arrêtent pour manger, il doit demander à André de lui couper le pain et quand une sandale se dénoue, il doit demander à Matthieu de la lui relacer… Et surtout, quand en descendant un raccourci à pic, il heurte un tronc parce que son pied a glissé, il ne peut retenir une plainte et le sang qui coule rougit de nouveau la bande. Aussi, à la première maison d’un village où ils arrivent vers le crépuscule, ils s’arrêtent pour demander de l’eau et de l’huile afin de soigner la main qui, une fois enlevées les bandes, apparaît très enflée, bleuâtre au dos et avec une blessure toute rouge au milieu.

       Pendant qu’ils attendent que la maîtresse de maison accoure avec ce qu’ils désirent, tous se penchent pour observer la main blessée et ils font leurs commentaires. Mais Jean s’écarte pour cacher ses pleurs. Jésus l’appelle :

       « Viens ici, il n’y a pas grand mal. Ne pleure pas.

       – Je sais. Si c’était moi qui avais cette blessure, je ne pleurerais pas. Mais c’est toi qui l’as. Et tu ne dis pas tout le mal que te fait cette chère main qui n’a jamais nui à personne » répond Jean, à aqui Jésus a abandonné sa main blessée que Jean caresse doucement à l’extrémité des doigts, au poignet, tout autour de la partie bleuâtre, et qu’il retourne doucement pour la baiser et appuyer sa joue au creux de la paume en disant :

       « Cela brûle ! Oh ! Comme tu dois souffrir ! »

       Des larmes de pitié coulent sur elle. La femme apporte de l’eau et de l’huile et, avec un linge, Jean essaie d’enlever le sang qui souille la main. Délicatement, il fait couler l’eau tiède sur la partie blessée, il l’humecte d’huile, la couvre avec des bandages propres, puis il dépose un baiser sur la ligature. Jésus pose son autre main sur sa tête inclinée.

       341.4 La femme demande :

       « C’est ton frère ?

       – Non. C’est mon Maître, notre Maître.

       – D’où venez-vous ? demande-t-elle encore aux autres.

       – De la mer de Galilée.

       – De si loin ! Pourquoi ?

       – Pour prêcher le Salut.

       – C’est presque le soir, arrêtez-vous chez moi. C’est une maison de pauvres, mais de gens honnêtes. Je peux vous donner du lait dès que mes fils reviendront avec les brebis. Mon mari vous accueillera volontiers.

       – Merci, femme. Si le Maître le veut, nous resterons ici. »

       La femme part vaquer à ses occupations pendant que les apôtres demandent à Jésus ce qu’ils doivent faire.

       « Oui, c’est bien. Demain, nous irons à Cédès, puis vers Pa­néade. J’ai réfléchi, Barthélemy. Il convient de faire comme tu dis. Tu m’as donné un bon conseil. J’espère trouver ainsi d’autres disciples et les envoyer devant moi à Capharnaüm. Je sais qu’à Cédès il doit y en avoir maintenant quelques-uns, parmi lesquels les trois bergers libanais. »

       La femme revient et demande :

       « Alors ?

       – Oui, brave femme, nous restons ici pour la nuit.

       – Et pour le dîner. Oh ! Acceptez ! Cela ne me pèse pas. D’ail–leurs, la miséricorde nous a été enseignée par certains qui sont disciples de ce Jésus de Galilée, appelé le Messie, qui fait tant de miracles et qui prêche le Royaume de Dieu. Mais ici, il n’est jamais venu, peut-être parce que nous sommes à la frontière syro-phénicienne. Mais ses disciples sont venus, et c’est déjà beaucoup. Pour la Pâque, nous, les villageois, nous voulons aller tous en Judée pour voir si nous trouvons ce Jésus, car nous avons des malades ; les disciples en ont guéri quelques-uns, mais pas tous. Et parmi eux, il y a un jeune homme, fils d’un frère de la femme de mon beau-frère.

       – Qu’a-t-il ? demande Jésus en souriant.

       – Il est… Il ne parle pas et n’entend pas. Il est né comme ça. Peut-être un démon est-il entré dans le sein de la mère pour la faire désespérer et souffrir. Mais il est bon, comme s’il n’était pas possédé. Les disciples ont dit que, pour lui, il faut Jésus de Nazareth parce qu’il doit y avoir quelque chose qui lui manque, et seul ce Jésus…

       341.5 Ah ! Voici mes enfants et mon époux ! Melchias, j’ai accueilli ces pèlerins au nom du Seigneur et j’étais en train de parler de Lévi… Sarah, va vite traire le lait et toi, Samuel, descends prendre du vin et de l’huile dans la grotte et apporte des pommes du grenier. Dépêche-toi, Sarah, nous allons préparer les lits dans les chambres du haut.

       – Ne te fatigue pas, femme. Nous serons bien n’importe où. Pourrais-je voir l’homme dont tu parlais ?

       – Oui… Mais… Oh ! Seigneur ! Mais tu es peut-être le Nazaréen ?

       – C’est moi. »

       La femme s’écroule à genoux en s’écriant :

       « Melchias, Sarah, Samuel ! Venez adorer le Messie ! Quelle journée ! Quelle journée ! Et moi, je l’ai dans ma maison ! Et je lui parle comme ça ! Et je lui ai apporté de l’eau pour laver sa blessure… Oh !… »

       Elle s’étrangle d’émotion. Mais ensuite elle court à la bassine et la voit vide :

       « Pourquoi avez-vous jeté cette eau ? Elle était sainte ! Oh ! Melchias ! Le Messie chez nous…

       – Oui. Mais sois bonne, femme, et n’en parle à personne. Va plutôt chercher le pauvre graçon et amène-le moi ici… » dit Jésus en souriant…

       341.6 Melchias revient promptement avec le jeune sourd-muet et ses parents, ainsi qu’avec la moitié du village au moins… La mère du malheureux adore Jésus et le supplie.

       « Oui, ce sera comme tu veux. »

       Il prend par la main le sourd-muet, l’éloigne un peu de la foule qui se presse et que les apôtres, par pitié pour la main blessée de Jésus, s’efforcent d’écarter. Jésus attire tout près de lui le handicapé, lui met ses index dans les oreilles et la langue sur les lèvres entrouvertes puis, levant les yeux vers le ciel qui s’assombrit, il lui souffle sur le visage et crie d’une voix forte : “ Ouvrez-vous ! ”, puis il se recule.

       Le jeune homme le regarde un moment tandis que la foule chuchote. Il est surprenant de voir le changement du visage du sourd-muet, d’abord apathique et triste, puis surpris et souriant. Il porte les mains à ses oreilles, il les presse, les écarte… Il se convainc qu’il entend vraiment et ouvre la bouche en disant :

       « Maman ! J’entends ! Oh ! Seigneur, je t’adore ! »

       La foule est prise par l’enthousiasme habituel, et elle l’est d’autant plus qu’elle se demande :

       « Mais comment peut-il déjà savoir parler s’il n’a jamais entendu un mot depuis qu’il est né ? Un miracle dans le miracle ! Il lui a délié la langue et ouvert les oreilles et, en même temps, il lui a appris à parler. Vive Jésus de Nazareth ! Hosanna au Saint, au Messie ! »

       Et ils se pressent contre lui, qui lève sa main blessée pour bénir, pendant que quelques-uns, avertis par la femme de la maison, se lavent le visage et les mains avec les gouttes restées dans la bassine.

       Jésus les voit et s’écrie :

       « En raison de votre foi, soyez tous guéris. Rentrez chez vous. Soyez bons, honnêtes. Croyez à la parole de l’Evangile et gardez pour vous ce que vous savez jusqu’à ce que vienne l’heure de le proclamer sur les places et sur les routes de la terre. Que ma paix soit avec vous. »

       Et il entre dans la vaste cuisine où le feu brille et où tremblent les lumières de deux lampes.

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