Une initative de
Marie de Nazareth

La parabole de la semence de palmier

jeudi 12 avril 29
Engaddi

Vision de Maria Valtorta

       390.1 Vers le crépuscule, un crépuscule de feu qui rougit les maisons toutes blanches d’Engaddi et donne à la Mer Morte des reflets de nacre noire, Jésus se dirige vers la place principale. Le jeune homme qui l’a hébergé l’accompagne et le guide à travers les méandres de la ville, à l’architecture vraiment orientale.

       Le soleil doit être très fort dans ces lieux ainsi ouverts en face de la lourde surface de la Mer Salée. J’ai l’impression que, en été, il doit en sortir des souffles ardents, isolée comme l’est cette ville au milieu du désert aride que le soleil doit battre sans pitié en rendant brûlant le terrain. Pour s’en défendre, les habitants d’Engaddi ont tracé des rues étroites, qui paraissent l’être encore plus à cause des gouttières et des corniches des maisons qui s’avancent largement, de sorte qu’en levant les yeux, on ne voit apparaître qu’une bande étroite de ciel, d’un bleu violent.

       Les maisons sont élevées, presque toutes à deux étages, surmontées d’une terrasse sur laquelle, malgré la hauteur, grimpent et s’étendent des vignes pour faire de l’ombre et offrir le plaisir des grappes qui, une fois mûries sous le soleil souverain, dans la réverbération des murs et du sol de la terrasse, doivent être sucrées comme le raisin sec de Damas. Ces vignes rivalisent pour permettre aux hommes et aux oiseaux d’y trouver du repos. Des passereaux aux pigeons, il y a une foule d’oiseaux qui nichent à Engaddi, profitant des grands palmiers qui poussent un peu partout, et des opulents arbres fruitiers qui s’élèvent dans les cours, dans les jardins enserrés par les maisons, se penchent au-dessus des venelles et retombent par dessus les murs blanchis. Leurs branches chargées de fruits, qui mûrissent au joyeux soleil, dépassent les nombreuses arcades qui, à certains endroits, forment de véritables galeries interrompues çà et là par des exigences architectoniques, et montent vers le ciel bleu, si uni, d’une couleur si moelleuse qu’il donne l’impression que, s’il était possible de l’atteindre, on palperait un lourd velours ou un cuir lisse peint et teint par quelque sage artiste dans ce ton parfait, plus dense qu’une turquoise, moins qu’un saphir, très beau, inoubliable.

       Quant aux eaux… Que de sources et de fontaines doivent jaillir dans les cours et les jardins des maisons, au sein de la verdure de mille plantes ! En passant dans les ruelles encore désertes — car les habitants sont au travail ou chez eux —, on entend l’eau couler, clapoter, chanter, comme autant de notes d’une harpe pincée par quelque artiste invisible. Et pour en augmenter le charme, les arcades, les tournants continuels des rues recueillent ces gazouillis, les amplifient, augmentent leur nombre par l’effet des échos pour en faire tout un arpège.

       Et des palmiers, des palmiers, encore des palmiers ! Sur la moindre petite place large comme une pièce d’habitation, on voit leurs troncs, minces, très élevés, grimper vers le ciel. Tout en haut, un léger mouvement de balancement des feuilles, serrées comme un panache en haut du fût, les fait bruire. L’ombre, qui tombe sûrement à pic en plein midi sur la minuscule place et la couvre tout entière, se reflète maintenant d’une étrange manière sur les murets des plus hautes terrasses.

       Mais Engaddi est propre, en comparaison des villes de Palestine. Peut-être le fait que les maisons soient serrées les unes contre les autres, qu’elles aient toutes des cours et des jardins cultivés, a-t-il contribué à enseigner aux habitants à ne pas jeter toutes leurs immondices dans les rues, et à les recueillir, au contraire, avec les ordures des animaux pour en faire des tas de fumier destinés aux arbres et aux plates-bandes, ou bien… par un rare souci d’ordre. Les ruelles sont propres, asséchées par le soleil, et on n’y trouve pas les peu gracieux tas d’épluchures jetées au rebut, les sandales éculées, les chiffons sales, les excréments et autres déchets infects que l’on voit dans Jérusalem elle-même, dans les rues à peine périphériques.

       390.2 Voici le premier cultivateur qui revient du travail sur un âne gris. Pour le défendre contre les mouches, il a caparaçonné complètement avec des branches de jasmin son âne, qui avance au petit trot, en secouant ses oreilles et ses grelots sous la couverture ondulante des branches parfumées. L’homme regarde et salue. Le jeune lui dit :

       « Viens sur la grande place. Tu entendras le Rabbi, qui loge chez moi. »

       Un troupeau de brebis, en provenance d’une petite place au fond de laquelle on aperçoit la campagne, s’engage dans la rue et l’envahit. Elles marchent étroitement serrées les unes contre les autres, mettant leurs sabots là où les a mis celle qui les précède, la tête penchée comme si elle était trop lourde pour leur cou grêle sur leur masse obèse. Elles trottinent de leur pas bizarre, et leur corps trop gras ressemble à un baluchon fixé sur quatre piquets… Jésus, Jean et Pierre imitent l’homme qui est avec eux et s’adossent au mur chaud d’une maison pour les laisser passer. Un adulte et un enfant suivent le troupeau. Ils regardent et saluent. Le jeune homme dit :

       « Enfermez les brebis et venez sur la grande place avec vos familles. Le Rabbi de Galilée est parmi nous. Il va nous parler. »

       Voici la première femme qui sort, entourée d’une nichée d’enfants, pour aller je ne sais où. Le jeune homme l’invite elle aussi :

       « Viens avec Jean et les enfants écouter le Rabbi que l’on nomme Messie. »

       Les maisons s’ouvrent peu à peu dans le soir qui tombe et laissent entrevoir en arrière-fond de verts jardins, ou de paisibles courettes où les pigeons prennent leur dernier repas. Le jeune homme passe la tête par chaque porte ouverte et lance :

       « Venez entendre le Rabbi, le Seigneur. »

       390.3 Ils débouchent enfin dans une rue droite, l’unique rue droite de cette ville qui n’a pas été construite comme on l’aurait voulu, mais en fonction des palmiers ou des puissants pistachiers, certainement centenaires et respectés comme des notables par les habitants qui leur doivent de ne pas mourir d’insolation. Au bout, apparaît maintenant une place où font office de colonnes les fûts de nombreux palmiers. On dirait une de ces salles hypostyles des temples ou des palais très anciens, faites d’un vaste espace rempli de colonnes placées à des distances régulières pour faire une forêt de pierre soutenant le plafond. Ici les palmiers servent de pilastres et, serrés comme ils sont, leurs feuillages se rejoignent pour former un plafond émeraude sur la place blanche, au milieu de laquelle se trouve une haute fontaine carrée, remplie d’une eau cristalline qui jaillit d’une colonnette au centre du bassin et retombe dans des vasques plus basses où peuvent s’abreuver les animaux. En ce moment, les paisibles pigeons domestiques l’ont prise d’assaut et ils boivent ou dansent un menuet, leurs pattes roses posées sur le bord le plus haut, ou encore ils aspergent leurs plumes en produisant des reflets dus aux gouttes d’eau qui s’accrochent un moment aux barbes des plumes.

       Il y a du monde. Les huit apôtres qui s’étaient dispersés çà et là en quête de logement sont revenus, et chacun a rassemblé ses fidèles désireux d’entendre celui qu’on leur a indiqué comme le Messie promis. Les apôtres se hâtent d’accourir de tous côtés vers le Maître, comme autant de comètes qui traînent à leur suite les petits groupes de leurs conquêtes.

       390.4 Jésus lève la main pour bénir les disciples et les habitants d’Engaddi.

       Jude parle au nom de tous :

       « Voici, Maître et Seigneur. Nous avons fait ce que tu nous as demandé, et ils savent qu’aujourd’hui la Grâce de Dieu est au milieu d’eux. Mais ils veulent aussi entendre la Parole. Plusieurs te connaissent par ouï-dire, certains pour t’avoir rencontré à Jérusalem. Tous — et les femmes en particulier — désirent te connaître, et en premier lieu le chef de la synagogue. Le voici. Viens, Abraham. »

       L’homme, vraiment très âgé, s’avance. Il est ému : il voudrait parler mais, dans son trouble, il ne retrouve plus ce qu’il avait préparé. Il se penche pour s’agenouiller en s’appuyant sur son bâton, mais Jésus l’en empêche et commence par l’embrasser en disant :

       « Paix au vieux et juste serviteur de Dieu ! »

       L’autre, de plus en plus ému, ne sait que répondre :

       « Louange à Dieu ! Mes yeux ont vu le Promis ! Que puis-je demander de plus à Dieu ? »

       Et, levant les bras dans une pose hiératique, il entonne le psaume de David :

       « “ J’ai attendu le Seigneur avec impatience, et il s’est tourné vers moi. ” »

       Mais il ne le cite pas intégralement : il ne chante que les passages qui se rapportent davantage à l’événement :

       « “ Il a entendu mon cri et m’a tiré de l’abîme de la misère et de la boue du marécage…

       Il a mis sur mes lèvres un cantique nouveau.

       Heureux l’homme qui met son espoir dans le Seigneur.

       Que de merveilles tu as accomplies, Seigneur mon Dieu, nul ne t’est comparable. Je voudrais les redire et les proclamer, mais leur nombre dépasse toute énumération.

       Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation, mais tu as ouvert mes oreilles.” (il est de plus en plus ému).

       “ Il est dit que je dois faire ta volonté… Je garde ta Loi tout au fond de mon cœur.

       J’ai annoncé ta justice à la grande assemblée. Voici : je n’ai pas gardé mes lèvres closes, tu le sais, Seigneur.

       Je n’ai pas tenu ta justice cachée en moi, j’ai proclamé ta vérité et le salut qui vient de toi…

       Mais toi, Seigneur, n’éloigne pas de moi ta compassion…

       Des malheurs sans nombre sont tombés sur moi… ” (il pleure vraiment, et les larmes rendent sa voix encore plus cassée et chevrotante).

       “ Je suis pauvre et misérable, mais le Seigneur prend soin de moi. Tu es mon aide, mon protecteur, ô mon Dieu, ne tarde pas !…”

       Voilà le psaume, mon Seigneur, et j’ajoute de mon côté : dis-moi : “ Viens ” et je te répondrai comme dans le psaume : “ Voici, je viens ! ” »

       Puis il se tait et pleure. On lit toute sa foi dans ses yeux brouillés par les années.

       390.5 Les gens expliquent :

       « Il a perdu sa fille, qui lui laisse des petits-enfants. Sa femme est devenue aveugle et a perdu l’esprit à la suite de nombreuses souffrances, et l’on ne sait rien de leur fils unique. Il a disparu du jour au lendemain… »

       Jésus pose sa main sur l’épaule du vieil homme :

       « Les souffrances des justes passent aussi rapidement que l’hirondelle en comparaison de la durée de la récompense éternelle. Mais nous allons rendre à ta Saraï ses yeux d’autrefois et l’intelligence de ses vingt ans pour qu’elle réconforte ta vieillesse.

       – Elle s’appelle Colombe, signale quelqu’un dans la foule…

       – Pour lui, elle est sa princesse. Mais écoutez la parabole que je vous propose.

       – Tu ne vas pas auparavant délivrer des ténèbres les yeux et l’esprit de mon épouse pour qu’elle puisse savourer la Sagesse ? demande anxieusement le vieux chef de la synagogue.

       – Peux-tu croire que Dieu peut tout, et que son pouvoir vient d’un autre monde ?

       – Oui, Seigneur. 390.6 Je me rappelle, un soir, il y a plusieurs années : j’étais croyant, bien que je connaisse alors le bonheur. Car c’est ainsi ! L’homme, quand il est heureux, peut même oublier Dieu.

       Moi, je croyais en Dieu, même en ce temps joyeux où ma femme était jeune et en bonne santé ; mon Elise grandissait, c’était une jeune fille belle comme un palmier, qui était déjà fiancée, et Elisée l’égalait en beauté et la surpassait en force, comme il convient à un homme… J’étais allé avec l’enfant aux sources qui se trouvent près des vignes qui forment la dot de Colombe, laissant ma femme et ma fille aux métiers sur lesquels on tissait le trousseau nuptial… Mais je t’ennuie peut-être ? Le malheureux, par ses souvenirs, songe à sa joie passée… mais cela n’intéresse guère les autres…

       – Parle, parle !

       – J’étais donc parti avec l’enfant… Les sources… Si tu es venu par la route de l’occident, tu sais où elles sont… Ces sources étaient à la limite du lieu béni, et en regardant, on apercevait, au-delà, le désert et la route blanche, à cause des pierres romaines encore bien visibles dans les sables de Juda… Plus tard… cette marque aussi a disparu ! Un signal  qui se perd dans les sables, ce n’est rien ! Mais c’est mal que se soit effacé le signe de Dieu, envoyé pour te désigner, dans les âmes d’Israël. Dans trop d’âmes !

       Mon garçon m’a dit : “ Père, regarde ! Une grande caravane, avec des chevaux, des chameaux, des serviteurs et des seigneurs, en direction d’Engaddi. Ils viennent peut-être aux sources avant la tombée de la nuit…” J’ai levé les yeux des sarments dont je m’occupais et qui traînaient après la vendange abondante, et j’ai vu… Ces hommes venaient bien aux sources. Ils descendiren, me virent et demandèrent s’ils pouvaient camper en cet endroit pour une nuit.

       “ Engaddi a des maisons hospitalières, et elle est toute proche ”, répondis-je.

       “ – Non. Nous veillons pour être prêts à fuir, car Hérode nous recherche. D’ici, les sentinelles verront toute la route et il sera facile d’échapper à ceux qui veulent nous retrouver. ”

       “ – Quel péché avez-vous donc commis ? ” demandai-je, étonné et prêt à leur indiquer les cavernes de nos montagnes, puisque c’est pour nous une coutume sacrée à l’égard des persécutés. Et j’ajoutai :

       “ – Vous êtes étrangers et originaires de lieux différents… Je ne sais pas comment vous avez pu pécher contre Hérode… ”

       “ – Nous avons adoré le Messie, qui est né à Bethléem de Juda et vers lequel nous a guidés l’étoile du Seigneur. Hérode le cherche et donc nous aussi, pour que nous lui indiquions l’endroit où il se trouve. Or c’est pour le tuer qu’il est à sa recherche. Quant à nous, peut-être trouverons-nous la mort dans les déserts, sur cette route longue et inconnue, mais nous ne dénoncerons pas le Saint descendu du Ciel ! ”

       Le Messie ! Le rêve de tout véritable israélite ! Mon rêve ! Il était au monde ! Et il vivait à Bethléem de Juda conformément à la prédiction !… Je demandai, en tenant mon fils sur mon cœur, une quantité de nouvelles, et je disais :

       “ Ecoute, Elisée ! Rappelle-toi ! Toi, tu le verras sûrement ! ”

       J’avais déjà cinquante ans, et je n’espérais plus le voir… ni vivre assez longtemps pour le voir adulte… Mais Elisée… ne peut plus l’adorer… »

       Le vieillard pleure de nouveau, puis se ressaisit :

       « Les trois Sages m’ont parlé avec une patiente douceur. Ils m’ont décrit ta sainte enfance, ta Mère, ton père… J’aurais bien passé la nuit avec eux… Mais Elisée s’endormait sur moi. Je pris donc congé des trois Sages en leur promettant de garder le silence pour ne pas leur faire tort par de possibles dénonciations. Mais à Colombe, dans la chambre nuptiale, je racontai tout, et ce fut un soleil au milieu des malheurs qui nous frappèrent plus tard. Ensuite, j’ai appris le massacre… et, pendant des années, j’ai ignoré si tu étais sain et sauf. Maintenant, je le sais. Mais moi seulement, car Elise est morte, Elisée n’est plus, et Colombe ne peut entendre cette heureuse nouvelle… Mais ma foi dans le pouvoir de Dieu, déjà vive, est devenue parfaite depuis cette soirée lointaine où trois hommes, de races différentes, ont témoigné de la puissance de Dieu, par leur union d’âmes, grâce à l’étoile miraculeuse, sur le chemin de Dieu pour adorer son Verbe.

       – Et ta foi sera récompensée. 390.7 Maintenant, écoutez.

       Qu’est-ce que la foi ? Elle est parfois pareille à une dure semence de palmier, minuscule, formée d’une brève phrase : “ Dieu existe ”, nourrie par une seule affirmation : “ Je l’ai vu. ” Ainsi en a-t-il été de la foi d’Abraham en moi, grâce aux paroles des trois Sages d’Orient. Ainsi en a-t-il été de la foi de notre peuple, depuis les plus lointains patriarches, transmise d’une génération à l’autre, depuis Adam à sa postérité. Il était certes pécheur, mais on a cru à sa parole : “ Dieu existe, et nous existons parce qu’il nous a créés. Et moi, je l’ai connu. ” Ainsi en a-t-il été de cette foi, toujours plus parfaite car toujours plus manifestée, qui est venue par la suite, et qui est pour nous un héritage, éclairé de manifestations divines, d’apparitions angéliques, de lumières de l’Esprit. Ce sont là des semences toujours minuscules en comparaison de l’Infini. Mais en mettant des racines, en fendant la dure écorce de l’animalité avec ses doutes et ses tendances, en triomphant des passions, ces herbes nuisibles, des péchés, de la moisissure des corruptions, des vices comme autant de vers rongeurs, de tout, elle s’élève dans les cœurs, grandit, s’élance vers le soleil, vers le ciel, jusqu’à se libérer des limites de la chair et se fondre en Dieu dans sa connaissance parfaite, dans sa possession complète, au-delà de la vie et de la mort, dans la vraie Vie.

       Celui qui a la foi a trouvé le chemin de la Vie. Celui qui sait croire n’erre pas. Il voit, il reconnaît, il sert le Seigneur et possède le salut éternel. Pour lui, le Décalogue est quelque chose de vital et chacun de ses commandements est une perle dont s’orne sa future couronne. Pour lui, la promesse du Rédempteur est le salut. L’homme qui croyait avant que je ne vienne sur la terre est-il mort ? Peu n’importe. Sa conviction le rend égal à ceux qui s’approchent aujourd’hui de moi avec amour et foi. Les justes trépassés seront bientôt dans la joie, car leur foi va obtenir sa récompense. Après avoir accompli la volonté de mon Père, j’irai leur dire : “ Venez ! ” et tous ceux qui sont morts dans la foi monteront avec moi dans le Royaume du Seigneur.

       Imitez dans la foi les palmiers de votre terre : ils sont nés d’une petite semence, mais avec une si forte volonté de croître, et de pousser si droit, oublieux du sol, mais épris du soleil, des astres, du ciel. Ayez foi en moi. Sachez croire ce que trop peu croient en Israël, et je vous promets la possession du Royaume céleste, par le pardon de la faute originelle et par la juste récompense accordée à tous ceux qui pratiquent ma doctrine qui est la très douce perfection du parfait Décalogue de Dieu.

       390.8 Je vais rester parmi vous aujourd’hui et demain, jour du sabbat sacré, et je partirai à l’aube du lendemain. Que celui qui est affligé vienne à moi ! Que celui qui doute vienne à moi ! Que celui qui veut la vie vienne à moi ! Sans crainte, car je suis la Miséricorde et l’Amour. »

       Et Jésus fait un large geste de bénédiction pour congédier ses auditeurs, afin qu’ils puissent aller dîner et prendre quelque repos. Il est sur le point de s’éloigner quand une petite vieille, jusqu’alors cachée dans le coin d’une ruelle, fend la foule qui veut encore rester avec le Maître et, parmi les cris étonnés des gens, va s’agenouiller aux pieds de Jésus en s’écriant :

       « Bénis sois-tu ainsi que le Très-Haut qui t’envoie ! Et béni soit le sein qui t’a engendré et qui est grand comme celui de la plus grande des femmes, puisqu’elle a pu te porter, toi ! »

       Une exclamation d’homme s’y joint :

       « Colombe ! Colombe ! Oh ! Tu vois ! Tu entends ! Tu parles avec sagesse en reconnaissant le Seigneur ! Oh ! Dieu ! Dieu de mes pères ! Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! Dieu des prophètes ! Dieu de Jean, le Prophète. Dieu ! Mon Dieu ! Fils du Père ! Roi comme le Père ! Sauveur par obéissance au Père ! Dieu comme le Père, et mon Dieu, Dieu de ton serviteur ! Sois béni, aimé, suivi, adoré éternellement ! »

       Et le vieux chef de la synagogue glisse à genoux, à côté de sa femme, et l’étreignant du bras gauche, la serrant contre son cœur, il se penche et la fait s’incliner elle aussi pour baiser les pieds du Sauveur. Un cri de joie de la foule tout entière fait vibrer les troncs, tant il est puissant et effraie les pigeons qui, déjà dans leurs nids, prennent leur envol et tournent au-dessus d’Engaddi comme pour répandre dans toute la ville la nouvelle que le Sauveur est dans ses murs.

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