Une initative de
Marie de Nazareth

L’adieu aux rares fidèles de Chorazeïn

mardi 14 août 29
Chorazeïn

Vision de Maria Valtorta

       469.1 L’aurore ne point pas encore lorsque Jésus retrouve les onze apôtres. Au milieu d’eux se tient Joseph, le petit menuisier, qui part comme une flèche dès qu’il aperçoit Jésus et se serre à ses genoux avec la simplicité de celui qui est encore un enfant. Jésus se penche vers lui pour déposer un baiser sur son front puis, le tenant par la main, il va rejoindre Pierre et les autres.

       « Paix à vous. Je ne croyais pas vous trouver déjà ici.

       – L’enfant s’est réveillé alors qu’il faisait encore nuit, et il a voulu venir, par crainte d’arriver en retard, explique Pierre.

       – Sa mère sera bientôt ici, avec les autres enfants. Elle veut te saluer, ajoute Jude.

       – Et de même la femme qui était toute déformée, la fille d’Isaac, la mère d’Elie, et d’autres que tu as guéris. Ils nous ont hébergés…

       – Et les autres ?

       – Seigneur…

       – Chorazeïn garde un esprit dur. Je comprends. Peu importe. 469.2 Le bon grain est semé, et il germera un jour… grâce à ceux-ci… »

       Il regarde l’enfant.

       « Il sera disciple et il convertira ?

       – C’est déjà un disciple, n’est-ce pas, Joseph ?

       – Oui. Mais je ne sais pas m’exprimer et, le peu que je sais, ils ne l’écoutent pas.

       – Ne t’en fais pas, tu parleras par ta bonté. »

       Jésus prend dans ses longues mains la tête de l’enfant et, un peu penché sur le petit visage haut levé, il lui dit :

       « Je m’en vais, Joseph. Sois bon, sois travailleur. Pardonne à ceux qui ne vous aiment pas. Sois reconnaissant à ceux qui te font du bien. Rappelle-toi toujours ceci : Dieu est présent en celui qui te rend service. Par conséquent, accueille avec respect tout bienfait sans y prétendre, sans dire : “ Je resterai à ne rien faire puisqu’il y a quelqu’un qui pense à moi ”, sans gâcher le secours obtenu. Travaille, car le travail est saint et, toi, qui es encore enfant, tu es le seul homme de ta famille. Rappelle-toi qu’aider ta mère, c’est l’honorer. Rappelle-toi que c’est un devoir de donner le bon exemple à tes petits frères et de veiller sur l’honneur de tes sœurs. Souhaite avoir ce qu’il faut et travaille pour l’obtenir, mais n’envie pas les riches et ne désire pas les richesses pour pouvoir mener une vie facile. Garde à l’esprit que ton Maître t’a enseigné non seulement la parole de Dieu, mais l’amour du travail, l’humilité et le pardon. Sois toujours bon, Joseph, et nous serons de nouveau ensemble un jour.

       – Mais tu ne vas plus revenir ? Où pars-tu, Seigneur ?

       – Je vais là où la volonté du Père des Cieux le demande. Sa volonté doit toujours être plus forte que la nôtre, et plus chère pour nous que la nôtre, parce qu’elle est parfaite. Toi aussi, dans la vie, ne fais pas passer ta volonté propre avant celle de Dieu. Tous ceux qui obéissent se retrouveront au Ciel et ce sera alors une grande fête. 469.3 Donne-moi un baiser, mon enfant. »

       Un baiser ! C’est une infinité de baisers et de larmes que lui donne l’enfant et c’est ainsi attaché au cou de Jésus que le trouve sa mère, qui survient au milieu d’une nichée d’enfants, en compagnie de bien rares autres habitants de Chorazeïn : sept en tout et pour tout.

       « Pourquoi est-ce que mon fils pleure ? demande la femme, après avoir salué le Maître.

       – Parce que tout adieu est douloureux. Mais, même si nous sommes séparés, nous serons toujours unis si votre cœur continue à m’aimer. Vous savez ce qu’est l’amour pour moi, et en quoi il consiste : à faire ce que je vous ai enseigné ; car celui qui agit en accord avec ce qu’on lui a enseigné montre qu’il a de l’estime — or l’estime, c’est toujours de l’amour — pour cette personne. Faites donc ce que je vous ai appris par la parole et l’exemple, et obéissez à ce que mes disciples vous enseigneront en mon nom. Ne pleurez pas. Le temps passe vite, et bientôt nous serons réunis dans de meilleures conditions. Aussi, ne pleurez pas par égoïsme. Pensez à tous ceux — et ils sont nombreux — qui m’attendent encore, qui devront mourir sans m’avoir vu, qui devront m’aimer sans m’avoir jamais connu. Je suis venu chez vous plus d’une fois et cela a pu vous faciliter la foi et l’espérance grâce à la charité qui règne parmi nous. Eux, en revanche, devront avoir une grande foi, une foi aveugle, pour pouvoir arriver à dire : “ Il est vraiment le Fils de Dieu, le Sauveur, et sa parole est véridique ” et pour pouvoir avoir la grande espérance de la vie éternelle et de l’immédiate possession de Dieu après une vie de justice. Ils devront aimer celui qu’ils n’auront pas connu, celui qu’ils n’auront pas entendu, celui qu’ils n’auront pas vu opérer des prodiges. Et pourtant, ce n’est qu’en aimant ainsi qu’ils obtiendront la vie éternelle. Quant à vous, bénissez le Seigneur qui vous a comblés de bienfaits en me faisant connaître à vous. Maintenant, allez. Soyez fidèles à la Loi du Sinaï et à mon commandement nouveau de vous aimer tous comme des frères, car c’est dans l’amour que se trouve Dieu. Aimez même ceux qui vous haïssent, car Dieu vous en a le premier donné l’exemple en aimant les hommes qui, par le péché, montrent de la haine à Dieu. Pardonnez toujours comme Dieu a pardonné aux hommes en envoyant son Verbe Rédempteur pour effacer la Faute, ce motif de rancœur et de séparation. Adieu. Que ma paix soit en vous. Gardez le souvenir de mes actes dans votre cœur, pour le fortifier contre les paroles de ceux qui voudront vous convaincre que je ne suis pas votre Sauveur. Conservez ma bénédiction pour être forts dans les épreuves à venir. »

       Jésus étend les mains pour prononcer la bénédiction mosaïque sur le petit troupeau prosterné à ses pieds. Puis il se retourne et s’en va…

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