Une initative de
Marie de Nazareth

La parabole des fils plus ou moins éloignés de leur père

lundi 1er octobre 29
Nébo

Vision de Maria Valtorta

       501.1 C’est une belle matinée d’automne. Si l’on excepte les feuilles d’un jaune roux qui couvrent le sol et prouvent que nous sommes bien à cette saison, l’herbe est très verte, quelques fleurs sortent des buissons qui ont repris vie avec les pluies d’octobre, l’air qui circule à travers les branches déjà en partie dépouillées est vraiment serein, et tout cela fait penser à un début de printemps. En outre, les arbres à feuilles persistantes, qui se mêlent à ceux à feuilles caduques, apportent une note de gaieté : leurs nouvelles feuilles de couleur émeraude ont poussé au bout des rameaux, près des branches dénudées des autres arbres, et elles semblent ainsi bourgeonner. Les brebis sortent des enclos et se dirigent en bêlant vers les pâturages avec les agneaux des portées d’automne. L’eau d’une fontaine qui se trouve à l’entrée du village brille comme du diamant liquide sous le baiser du soleil et, en retombant dans un sombre bassin, elle produit un scintillement multicolore contre une maisonnette dont le temps a noirci les murs.

       Jésus est assis sur un muret dont un côté borde le chemin, et il attend. Ses disciples l’entourent ainsi que les habitants du village, tandis que les bergers, que leurs troupeaux obligent à ne pas trop s’écarter, se répandent sur les deux côtés de la route vers la plaine au lieu de monter plus haut.

       De la route qui grimpe de la vallée au mont Nébo, il ne vient personne pour le moment.

       « Est-ce qu’il va arriver ? demandent les apôtres.

       – Oui, et nous allons l’attendre. Je ne veux pas décevoir une espérance qui se forme et détruire une foi future, répond Jésus.

       – N’êtes-vous pas bien parmi nous ? Nous vous avons donné ce que nous avions de meilleur, dit un vieillard qui se chauffe au soleil.

       – Mieux qu’ailleurs, père. Et Dieu récompensera votre bonté, lui répond Jésus.

       – Alors, parle-nous encore. Il vient parfois ici des pharisiens zélés et des scribes orgueilleux. Mais ils n’ont rien à nous dire. C’est juste. Leur élévation les sépare de… tout, et ils sont les sages. Nous… Devrions-nous ne rien savoir, parce que le sort nous a fait naître ici ?

       – Dans la Maison de mon Père, il n’y a pas de séparations ni de différences pour ceux qui parviennent à croire en lui et à mettre en pratique sa Loi, qui est le code de sa volonté, pourvu que l’homme vive en juste pour obtenir une récompense éternelle dans son Royaume.

       501.2 Ecoutez : un père avait plusieurs fils. Certains avaient toujours vécu en contact étroit avec lui ; d’autres, pour diverses raisons, en avaient été relativement plus éloignés. Pourtant, connaissant malgré la distance les désirs de leur père, ils pouvaient agir comme s’il avait été proche. D’autres étaient encore plus loin, et, élevés depuis le premier jour de leur naissance au milieu de serviteurs qui parlaient d’autres langues et avaient des coutumes différentes, ils s’efforçaient de servir leur père d’après le peu que, par instinct plus que par connaissance, ils savaient devoir lui être agréable. Un jour, le chef de famille voulut rassembler toute sa descendance et la convia auprès de lui. Il n’ignorait pas comment, malgrés ses ordres, les serviteurs s’étaient abstenus de faire connaître ses pensées à ses enfants éloignés — car, dans leur orgueil, ils les considéraient comme inférieurs et non aimés, uniquement parce qu’ils n’habitaient pas avec leur père. Eh bien, croyez-vous que, arbitrant selon le droit humain, il a donné possession de ses biens à ceux-là seuls qui étaient toujours restés chez lui, ou qui étaient assez proches pour être au courant de ses ordres et de ses désirs ? Au contraire, il suivit une tout autre manière de juger. Observant les actes de ceux qui avaient été sages par amour de ce père qu’ils ne connaissaient que de nom et qu’ils avaient honoré par toutes leurs actions, il les appela auprès de lui pour leur dire : “ Vous avez le double mérite d’être justes, puisque vous l’avez été par votre seule volonté et sans être aidés. Venez m’entourer. Vous en avez bien le droit ! Les premiers m’ont toujours possédé et tous leurs actes étaient réglés par mes conseils et récompensés par mon sourire. Vous, vous avez dû agir uniquement par foi et par amour. Venez, car dans ma maison votre place est prête, et cela depuis longtemps ; à mes yeux, la différence ne tient pas au fait d’avoir toujours été à la maison ou au loin : ce qui fait la différence, ce sont les actions que mes fils ont accomplies, qu’ils soient proches ou non. ”

       Telle est la parabole, et voici son explication : les scribes ou les pharisiens, qui vivent autour du Temple, peuvent au Jour éternel ne pas se trouver dans la Maison de Dieu, et beaucoup de personnes, que la distance oblige à ne connaître que succinctement ce qui concerne Dieu, pourront être alors dans son Sein. Car ce qui permet d’obtenir le Royaume, c’est la volonté de l’homme tendue vers l’obéissance à Dieu, et non un amas de pratiques et de science.

       Faites donc ce que je vous ai expliqué hier. Qu’aucune crainte excessive ne vous paralyse. Faites-le sans escompter éviter ainsi le châtiment. Agissez seulement par amour pour Dieu, qui vous a créés pour vous aimer et être aimé de vous. Et vous obtiendrez une place dans la Maison paternelle.

       501.3 – Ah ! parle-nous encore !

       – Sur quoi donc dois-je vous enseigner ?

       – Tu disais hier qu’il y a des sacrifices plus agréables à Dieu que celui des agneaux et des béliers, et aussi que certaines lèpres sont plus honteuses que celles de la chair. Je n’ai pas bien compris ta pensée » dit un berger. Et il poursuit : « Avant qu’un agneau ait un an et qu’il soit le plus beau du troupeau, sans tache et sans défauts, sais-tu combien de sacrifices il faut faire, et combien de fois il faut vaincre la tentation d’en faire le mouton du troupeau ou de le vendre comme tel ? Or, si pendant un an, on résiste à toute tentation, si on le soigne et si on s’attache à lui, la perle du troupeau, sais-tu comme est grand le sacrifice de l’immoler sans profit et avec douleur ? Peut-il y avoir un sacrifice plus grand à offrir au Seigneur ?

       – Homme, je te dis en vérité que le sacrifice ne réside pas dans l’animal immolé, mais dans l’effort que tu as fait pour le garder pour l’immolation. En vérité, je vous déclare que le jour va venir où, conformément à la parole inspirée, Dieu dira : “ Je n’ai pas besoin du sacrifice des agneaux et des béliers ”, et il exigera un sacrifice unique et parfait. A partir de cette heure, tout sacrifice sera spirituel. Mais il est déjà annoncé depuis des siècles quel sacrifice préfère le Seigneur. David s’exclame en pleurant : “ Si tu avais désiré un sacrifice, je te l’aurais offert, mais tu ne veux pas d’holocauste. Le sacrifice à Dieu, c’est un esprit contrit (et j’ajoute : obéissant et affectueux, car on peut accomplir aussi un sacrifice de louange, de joie et d’amour et non seulement d’expiation). Le sacrifice à Dieu, c’est un esprit brisé ; d’un cœur brisé et broyé, mon Dieu, tu n’as point de mépris. ” Non, votre Père ne méprise pas non plus le cœur qui a péché et s’est humilié. Alors comment accueillera-t-il le sacrifice d’un cœur pur, juste, qui l’aime ? C’est là celui qui lui est le plus agréable : le sacrifice quotidien de la volonté humaine à la volonté divine, qui se montre dans la Loi, les inspirations et dans les événements journaliers. De même, la lèpre de la chair n’est pas la plus honteuse, celle qui exclut de la vue des hommes et des lieux de prière, mais c’est la lèpre du péché. Il est vrai qu’elle passe bien souvent inaperçue des hommes. Mais vivez-vous pour les hommes ou pour le Seigneur ? Est-ce que tout se termine ici, ou bien continue dans l’autre vie ? Vous connaissez la réponse. Soyez donc saints pour n’être pas lépreux aux yeux de Dieu, qui voit le cœur des hommes, et gardez-vous purs spirituellement pour pouvoir vivre éternellement.

       – Et si quelqu’un a gravement péché ?

       – Qu’il n’imite pas Caïn, ni Adam et Eve, mais qu’il coure aux pieds de Dieu et qu’avec un vrai repentir il lui demande pardon. Un malade, un blessé, va voir le médecin pour guérir. Que le pécheur aille à Dieu pour obtenir sa miséricorde. Moi…

       501.4 – Toi ici, Maître ? » crie un homme qui monte par le chemin, tout enveloppé dans son manteau, et en compagnie de plusieurs autres.

       Jésus se retourne pour le regarder.

       « Tu ne me reconnais pas ? Je suis le rabbi Sadoq. Nous nous rencontrons de temps à autre.

       – Le monde est toujours petit quand Dieu veut que deux personnes se rencontrent. Nous nous retrouverons encore, rabbi. En attendant, que la paix soit avec toi. »

       L’autre ne lui rend pas son salut de paix, mais il demande :

       « Que fais-tu ici ?

       – J’ai fait ce que tu t’apprêtes à faire. Cette montagne n’est-elle pas sacrée pour toi ?

       – Si, et j’y viens avec mes disciples. Mais moi, je suis un scribe !

       – Et moi, un fils de la Loi. Je vénère donc Moïse tout comme toi.

       – C’est un mensonge. Tu remplaces sa parole par la tienne et tu demandes que l’on obéisse à toi, et non plus à nous.

       – Pas à vous, non. L’obéissance à votre égard n’est pas nécessaire…

       – Elle n’est pas nécessaire ? Quelle horreur !

       – Non, pas plus que ne le sont, pour te garder de l’air automnal, les zizits flottants et nombreux qui ornent ton habit. C’est ton vêtement qui te protège. Ainsi en est-il des nombreuses paroles que l’on enseigne : j’accepte celles qui sont nécessaires et saintes, celles de Moïse, et je ne m’occupe pas des autres.

       – Samaritain ! Tu ne crois pas aux prophètes !

       – Les prophètes, vous non plus ne les observez pas. Si c’était le cas, vous ne me traiteriez pas de Samaritain.

       – Mais laisse-le donc, Sadoq. Veux-tu parler avec un démon ? » lance un autre pèlerin qui arrive avec d’autres personnes.

       Puis, portant un regard dur sur le groupe qui entoure Jésus, il voit Judas et le salue ironiquement.

       501.5 Les villageois veulent défendre Jésus. Peut-être en effet arriverait-il quelque incident, mais voilà que l’homme de Pétra, suivi d’un serviteur, se fraie un chemin en criant. Tous les deux portent un enfant dans les bras.

       « Laissez-moi passer. Seigneur, je me suis trop fait attendre ?

       – Non, homme, viens auprès de moi. »

       Les gens s’écartent pour le laisser passer. Il s’approche de Jésus et s’agenouille pour mettre par terre une fillette dont la tête est bandée de lin. Son serviteur l’imite en déposant un petit garçon aux yeux éteints.

       « Ce sont mes enfants, Maître Seigneur ! » dit-il.

       Dans cette courte phrase, tremble toute la souffrance et l’espérance d’un père.

       « Tu as fais preuve d’une grande foi, homme. Et si je t’avais déçu ? Si tu ne m’avais pas trouvé ? Si je te disais que je ne puis les guérir ?

       – Je ne te croirais pas. Je ne croirais même pas à l’évidence de ne pas te voir. Je dirais que tu t’es caché pour éprouver ma foi et je te chercherais jusqu’à ce que je te trouve.

       – Et la caravane ? Et tes profits ?

       – Qu’est-ce en comparaison de toi, qui peux guérir mes enfants et me donner une foi pleine d’assurance en toi ?

       501.6 – Découvre le visage de la fillette, ordonne Jésus.

       – Je le garde couvert, car elle souffre beaucoup de la lumière.

       – Ce ne sera qu’un instant de souffrance » dit Jésus.

       Mais la petite fille se met à pleurer désespérément et refuse qu’on lui enlève la bande.

       « Elle croit que tu vas lui faire mal avec du feu, à l’instar des médecins, explique le père, qui se débat pour écarter de la bande les mains de l’enfant.

       – Oh ! Ne crains rien, fillette. Comment t’appelles-tu ? »

       La petite pleure sans mot dire. C’est son père qui répond pour elle :

       « Tamar, du lieu où elle est née. Et le garçon, Fara.

       – Ne pleure pas, Tamar. Tu ne vas pas souffrir. Sens mes mains : je n’ai rien dans les doigts. Viens sur mes genoux. En attendant, je vais guérir ton frère et il te dira ce qu’il a éprouvé. Viens ici, mon petit. »

       Le serviteur pousse près de ses genoux le pauvre petit aveugle, aux yeux éteints par le trachome. Jésus lui fait une caresse sur la tête et lui demande :

       « Sais-tu qui je suis ?

       – Jésus le Nazaréen, le Rabbi d’Israël, le Fils de Dieu.

       – Veux-tu croire en moi ?

       – Oui. »

       Jésus lui met la main sur les yeux en lui couvrant plus de la moitié du visage. Il dit :

       « Je le veux ! Et que la lumière des pupilles ouvre la voie à la lumière de la foi. »

       Puis il retire sa main. L’enfant pousse un cri en portant ses menottes à ses yeux, et s’exclame :

       « Papa ! Je vois ! »

       Mais il ne court pas vers son père. Dans sa spontanéité enfantine, il s’attache au cou de Jésus, lui dépose un baiser sur les joues, et reste ainsi, attaché à son cou, avec sa petite tête qui se réfugie sur l’épaule de Jésus pour habituer ses pupilles au soleil.

       La foule crie au miracle tandis que le père essaie de détacher le petit garçon du cou de Jésus.

       « Laisse-le. Il ne m’ennuie pas. Seulement, Fara, dis à ta sœur ce que je t’ai fait.

       – Une caresse, Tamar. Comme la main de maman. Oh ! sois guérie toi aussi, et nous jouerons de nouveau ensemble ! »

       501.7 Avec encore un peu d’hésitation, la petite fille se fait mettre sur les genoux de Jésus, qui voudrait la guérir sans même toucher la bande. Mais les scribes et leurs compagnons se mettent à crier :

       « C’est truqué : l’enfant y voit ! C’est un coup monté pour abuser de la bonne foi des villageois !

       – Ma fille est malade. Moi…

       – Laisse tomber. Toi, maintenant, Tamar, sois gentille et laisse-moi t’enlever les bandes. »

       La fillette, convaincue, laisse faire. Quel spectacle, quand tombe la dernière bande ! Deux plaies rouges, croûteuses, enflées, occupent la place des yeux et il en coule des larmes et du pus. De la foule s’élève un murmure d’horreur et de pitié, tandis que l’enfant porte ses mains à son visage pour se protéger de la lumière, qui doit la faire souffrir horriblement ; sur les tempes rougissent de récentes brûlures.

       Jésus écarte ses menottes et effleure légèrement cette ruine en y appuyant la main et en disant :

       « Père, toi qui as créé la lumière pour la joie des vivants, et qui as donné des pupilles même aux moucherons, rends la lumière à cette créature qui t’appartient, afin qu’elle te voie et croie en toi, et que, de la lumière de la terre, elle entre par la foi dans celle de ton Royaume. »

       Il retire sa main…

       « Oh ! » s’écrie la foule.

       Il n’y a plus de plaies, mais la petite garde les yeux fermés.

       « Ouvre-les, Tamar. N’aie pas peur. La lumière ne te fera aucun mal. »

       La fillette obéit, avec quelque crainte et, en ouvrant ses paupières, elle découvre deux petits yeux noirs bien vifs.

       « Papa ! Je te vois ! »

       Et elle aussi s’abandonne sur l’épaule de Jésus pour s’habituer lentement à la lumière.

       La foule est en émoi, tandis que l’homme de Pétra se jette aux pieds de Jésus en sanglotant de joie.

       « Ta foi a obtenu sa récompense. Dorénavant, que ta reconnaissance porte ta foi en l’Homme à une plus haute sphère : à la foi dans le vrai Dieu. Lève-toi et partons. »

       Jésus pose par terre la fillette qui sourit de bonheur, et se sépare du garçon en se levant. Il les caresse encore et voudrait fendre le cercle des gens qui l’entourent pour voir les yeux guéris.

       501.8 « Tu devrais demander la guérison toi aussi pour tes yeux voilés » dit un disciple à un vieil homme que l’on conduit par la main, tant il a la vue brouillée.

       – Moi ?! Moi ?! Je ne veux pas voir la lumière par un démon. Au contraire, je crie vers toi, Dieu éternel ! Ecoute-moi. A moi ! A moi les ténèbres absolues ! Mais que je ne voie pas le visage du démon, de ce démon, de ce sacrilège, de cet usurpateur, de ce blasphémateur, de ce déicide ! Que tombent les ombres sur mes yeux pour toujours. Les ténèbres, les ténèbres pour ne pas le voir, jamais, jamais, jamais ! »

       C’est lui qui semble être un démon ! Dans son paroxysme, il se frappe les orbites comme s’il voulait faire éclater ses yeux.

       « Ne crains rien : tu ne me verras pas. Les Ténèbres ne veulent pas de la Lumière, et la Lumière ne s’impose pas à ceux qui la repoussent. Je pars, vieil homme. Tu ne me verras plus sur la terre. Mais tu me verras tout de même ailleurs. »

       Alors Jésus, avec cette langueur qui accentue la démarche particulière des gens de haute taille, légèrement penchée en avant, commence à descendre la route. Il est si abattu qu’il ressemble déjà au Condamné qui parcourt le mont Moriah chargé de la croix… Et les hurlements des ennemis, excités par le vieil homme en furie, rappellent beaucoup les cris de la foule de Jérusalem le vendredi saint.

       Désolé, l’homme de Pétra, portant dans ses bras sa fillette effrayée qui pleure, murmure :

       « C’est pour moi Seigneur ! A cause de moi ! Toi qui as montré tant d’amour pour moi ! Et moi pour toi ! J’ai placé dans la tente sur le chameau des cadeaux pour toi. Mais que sont-ils en comparaison des insultes que je t’ai attirées ? J’ai honte d’être venu à toi…

       – Non, homme. C’est mon pain amer de chaque jour, et tu es le miel qui l’adoucit. Il y a toujours plus de pain que de miel, mais il suffit d’une goutte de miel pour rendre doux beaucoup de pain.

       – Tu es bon… Mais dis-moi au moins ce que je dois faire pour soigner ces blessures.

       – Garde la foi en moi. Pour le moment, comme tu le peux et autant que tu le peux. Dans quelque temps… Oui, mes disciples viendront jusqu’à Pétra et au-delà. Alors suis leur enseignement, car c’est moi qui parlerai en eux. Et en attendant, parle aux habitants de Pétra de ce que j’ai fait pour toi. Ainsi, quand ceux qui m’entourent, et d’autres encore, viendront en mon nom, que mon nom ne leur soit pas inconnu. »

       501.9 Tout en-bas, sur la voie romaine, sont arrêtés trois chameaux, l’un avec une selle seulement, les autres avec un baldaquin. Un serviteur les surveille.

       L’homme se dirige vers une tente et y prend des paquets :

       « Voilà » dit-il, en les offrant à Jésus. « Ils te seront utiles. Ne me remercie pas : c’est moi qui dois te bénir pour ce que tu m’as donné. Si tu peux le faire pour des incirconcis, bénis-moi, avec mes enfants, Seigneur ! »

       Et il s’agenouille avec les enfants, suivi par les serviteurs. Jésus étend les mains et prie à voix basse, les yeux fixés vers le Ciel.

       « Va ! Sois juste et tu trouveras Dieu sur ton chemin, alors tu le suivras sans plus le perdre. Adieu, Tamar ! Adieu, Fara ! »

       Il les caresse avant qu’ils montent avec les serviteurs, un par chameau. Les bêtes se lèvent au crrr, crrr des chameliers et font demi-tour pour partir au trot sur le chemin qui va vers le sud. Deux petites mains brunes se penchent à travers les rideaux, et l’on entend deux voix d’enfant :

       « Adieu, Seigneur Jésus ! Adieu, père ! »

       Alors l’homme se penche jusqu’à terre et baise le vêtement de Jésus ; puis il monte en selle et part vers le nord.

       « Et maintenant, allons-y, dit Jésus en prenant à son tour la direction du nord.

       – Comment ? Tu ne vas plus là où tu voulais ? demandent les apôtres.

       – Non. Nous ne pouvons plus nous y rendre !… Les voix du monde avaient raison !… Et cela parce que le monde est rusé et connaît les œuvres du démon… Nous allons à Jéricho… »

       Comme Jésus est triste !… Tous le suivent, chargés des paquets donnés par l’homme, accablés et muets…

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