Une initative de
Marie de Nazareth

Arrivée à Engaddi avec dix apôtres

jeudi 12 avril 29
Engaddi

Vision de Maria Valtorta

       389.1 Les pèlerins, malgré la fatigue d’une longue marche faite peut-être en deux étapes du crépuscule à l’aurore par des sentiers certainement peu praticables, ne peuvent retenir un cri d’admiration : après avoir franchi le dernier tronçon de route sur une côte où des diamants étincellent au premier soleil du matin, le panorama complet des deux rives de la Mer Morte se déploie devant eux.

       Sur la rive occidentale, une étroite plaine s’étend entre la Mer Morte et la ligne des collines qui, malgré leur faible altitude, semblent être la dernière vague des monts de Judée — une vague qui s’est avancée jusqu’au rivage désolé et est restée là, couverte d’une belle végétation, après avoir mis le désert nu entre la plus proche chaîne de Judée et elle.

       Sur la rive orientale, en revanche, des montagnes tombent presque à pic dans le bassin de la Mer Morte. On a vraiment l’impression que le terrain, au cours de quelque épouvantable catastrophe tellurique, a ainsi été tranché net, en laissant auprès du lac des lézardes verticales par où descendent des torrents plus ou moins alimentés dont les eaux, destinées à s’évaporer pour ne laisser que du sel, se jettent dans les eaux somâtres, maudites, de la Mer Morte. Derrière, au-delà du lac et de la première corniche de hauteurs, encore et encore d’autres pics resplendissent dans le soleil du matin. Au nord, on voit l’embouchure bleu-vert du Jourdain et, au sud, des monts qui font une corniche au lac.

       C’est un spectacle d’une grandeur solennelle, triste, austère, où se fondent les riants paysages des montagnes et la sombre image de la Mer Morte qui semble rappeler, par son aspect, ce que peuvent causer, d’une part le péché, d’autre part la colère du Seigneur. Il est en effet désolant de voir cet immense miroir d’eau sans une voile, sans une barque qui le sillonne, sans un oiseau qui le survole, sans un animal qui vienne boire sur ses rives !

       Contrastant avec cette évocation de châtiment de la mer, les effets miraculeux du soleil sur les collines et sur les dunes, jusque sur les sables du désert — où les cristaux de sel ressemblent à des jaspes précieux répandus sur le sable, sur les pierres, sur les tiges rigides des plantes du désert —, forment un spectacle de toute beauté par la poussière de diamant qui recouvre toutes choses. Plus miraculeux encore est ce plateau fertile qui domine la mer de cent à cent cinquante mètres de haut : il est couvert de palmiers splendides, de vignes et d’arbres de toute espèce, parcouru par des ruisseaux azurés et il s’y s’étend une belle ville entourée de campagnes luxuriantes. Quand le regard passe de la sinistre apparence de la mer, de la forme tourmentée de la rive orientale — qui ne présente une tristesse paisible que dans une langue de terre basse et verte qui s’avance au sud-est dans la mer —, de l’aspect désolé du désert de Juda, de l’air sévère des monts de Judée, à cette vue si douce, riante, fleurie, on a l’impression qu’un cauchemar de fièvre s’évanouit pour faire place à une suave vision de paix.

       389.2 « C’est Engaddi, chantée par les poètes de notre patrie. Admirez la splendeur de cette région alimentée par des eaux limpides au milieu d’une pareille désolation ! Descendons nous plonger dans ses jardins, car tout est jardin ici : le pré, le bois, la vigne. C’est l’antique Hasason-Tamar, dont le nom évoque les belles palmeraies sous lesquelles il était plus beau encore de construire des cabanes et de cultiver la terre, de s’aimer, d’élever des enfants et de paître des troupeaux, au bruissement harmonieux des frondaisons de palmiers. C’est l’oasis souriante qui a survécu aux terres de l’Eden puni par Dieu, entourée, comme une perle enchâssée, de sentiers qui ne sont praticables que pour les chèvres et les chevreuils, comme le dit le Livre des Rois. Sur ces chemins s’ouvrent pour les hommes persécutés, fatigués ou abandonnés, des cavernes hospitalières. Rappelez-vous David notre roi, et sa bonté envers Saül, son adversaire. C’est de Hasason-Tamar, c’est d’Engaddi, la fontaine, la bénie, la beauté, que partirent les ennemis contre le roi Josaphat et les fils de son peuple qui, effrayés, furent réconfortés par Yahaziel, fils de Zacharie, en qui parlait l’Esprit de Dieu. Et ils remportèrent une grande victoire parce qu’ils eurent foi dans le Seigneur et méritèrent son aide grâce à la pénitence et à la prière auxquelles ils se livrèrent avant la bataille. C’est encore Engaddi que Salomon a chantée comme modèle pour les beautés de la Belle entre toutes. C’est celle qu’a nommée Ezéchiel comme une de celles qu’ont alimentées les eaux du Seigneur… Descendons ! Allons porter au joyau d’Israël l’Eau vive qui tombe du Ciel. »

       Et Jésus dévale la pente presque en courant, par un sentier casse-cou tout en tournants et en zigzag dans la roche calcaire rougeâtre qui, là où elle s’approche le plus de la mer, va vraiment jusqu’à l’extrémité où la montagne lui sert de corniche. C’est un sentier à donner le vertige même aux montagnards les plus adroits. Les apôtres ont du mal à le suivre, et les plus âgés sont complètement distancés par le Maître quand celui-ci s’arrête aux premiers palmiers et aux premières vignes du fertile plateau, où chantent les eaux cristallines et des oiseaux de toute espèce.

       Des brebis blanches paissent sous le toit ondulant des palmeraies, des mimosas, des plantes balsamiques, des pistachiers, et d’autres arbres qui exhalent des parfums subtils ou pénétrants qui se fondent à ceux des roseraies, de la lavande en fleur, de la cannelle, du cinnamome, de la myrrhe, de l’encens, du safran, des jasmins, des lys, des muguets et de la fleur d’aloès — elle est ici géante —, des œillets et des benjoins, qui pleurent avec d’autres résines par les entailles pratiquées dans les troncs. C’est vraiment “ le jardin clos, la source du jardin ”, et de tous côtés se présentent fruits et fleurs, arômes et splendeur ! Je n’avais encore jamais vu en Palestine un endroit aussi merveilleux, par son étendue et sa beauté naturelle. Quand on le contemple, on comprend bien des pages des poètes de l’Orient où ils chantent la magie des oasis comme celle de paradis répandus sur la terre.

       389.3 Les apôtres, en nage mais remplis d’admiration, rejoignent le Maître, et, ensemble, descendent par une route bien entretenue vers la rive. Il faut pour cela franchir des terrasses successives toutes cultivées, d’où coulent, en cascades riantes, des eaux bienfaisantes qui arrosent les cultures jusqu’à la plaine, qui se termine sur le rivage. A mi-côte, ils entrent dans la ville blanche où bruissent les palmeraies, embaumée par les rosiers et les mille fleurs de ses jardins, et ils cherchent, au nom de Dieu, quelque logement dès les premières demeures. Celles-ci, bienveillantes comme la nature, s’ouvrent sans hésitation et leurs habitants demandent qui est “ ce Prophète qui ressemble au roi Salomon, vêtu de lin et rayonnant de beauté ”…

       Jésus entre avec Jean et Pierre dans une maisonnette où habitent une veuve et son fils. Après la bénédiction du Maître, les autres, s’étant entendus sur le projet de se réunir au crépuscule sur la place la plus grande, s’éparpillent çà et là.

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