Une initative de
Marie de Nazareth

Le jour de la parascève

vendredi 16 mars 29
dans les rues de Jérusalem et le faubourg d’Ophel

Vision de Maria Valtorta

       374.1 Ils sortent du Temple où fourmille la foule pour se plonger dans le grouillement des rues où tout le monde court, affairé par les derniers préparatifs de la Pâque, tandis que les retardataires cherchent anxieusement une pièce, un vestibule, n’importe quoi, pour en faire un cénacle où consommer l’agneau.

       Il est facile dans ces conditions de se rencontrer et de ne pas se reconnaître dans la continuelle bousculade qui fait défiler sous les yeux des personnes de tous les âges, de toutes les régions où il y a des juifs, là où le sang pur d’Israël a contracté, par mélanges de sang ou simplement par mimétisme, des ressemblances avec d’autres races. C’est ainsi que l’on voit des Hébreux de type égyptien ; d’autres, avec leurs grosses lèvres, leurs nez camus et leur angle facial, semblent provenir de croisements avec les Nubiens ; d’autres encore, aux traits bien dessinés, fins, aux membres élancés, aux yeux vifs, trahissent leur appartenance aux colonies grecques ou des mélanges avec les Grecs ; des hommes robustes et de grande taille, au visage plutôt carré, annoncent clairement qu’ils ne sont pas tout à fait étrangers aux Latins ; il y en a beaucoup aussi que nous dirions aujourd’hui circassiens ou perses, avec déjà quelque chose qui rappelle les yeux mongols ou indiens dans le faciès très blanc des premiers et olivâtre des seconds. Cela forme un beau kaléidoscope de visages et de vêtements ! L’œil s’en lasse, au point qu’il finit facilement par regarder sans voir. Mais ce qui échappe à l’un est remarqué par l’autre. Il est donc compréhensible que ce qui échappe au Maître, toujours un peu absorbé en lui-même quand on le laisse en paix, sans l’interroger, est remarqué par l’un ou l’autre de ceux qui l’accompagnent. Et les apôtres les plus proches de Jésus se désignent ce qu’ils voient et chuchotent entre eux en faisant des commentaires… très humains sur les personnes qu’ils se montrent.

       374.2 Un de ces commentaires salés sur un ancien disciple qui passe, l’air suffisant, feignant de ne pas les voir, est entendu par Jésus :

       « De qui dites-vous cela ? demande-t-il.

       – De ce balourd-là » indique Jacques, fils de Zébédée. « Il a fait semblant de ne pas nous voir, et il n’est pas le seul à agir ainsi. Pourtant, quand tu devais le guérir et qu’il courait après toi, alors, il savait te voir ! Qu’il attrape la pustule maligne !

       – Jacques ! C’est avec de tels sentiments que tu es à côté de moi et que tu te prépares à consommer l’agneau ? En vérité, tu es plus incohérent que lui. Lui, il s’est séparé franchement quand il a senti qu’il ne pouvait pas faire ce que je disais. Toi, tu restes, mais tu ne fais pas ce que je dis. N’es-tu pas alors plus pécheur que lui ? »

       Jacques rougit à en être congestionné et, confus, se retire derrière ses compagnons.

       « C’est que cela fait mal de les voir agir ainsi, Maître ! » dit Jean pour aider son frère qui a reçu les reproches. « Notre amour se révolte devant leur manque d’amour…

       – Oui. Mais croyez-vous les y amener en agissant ainsi ? Impolitesses, paroles méchantes, insultes, n’ont jamais conduit là où l’on devrait amener un rival ou quelqu’un qui pense autrement. Ce sont la douceur, la patience, la charité, la persévérance malgré tous les refus, qui finissent par obtenir un résultat. Je comprends votre cœur qui souffre de ne pas me voir aimé et je partage vos sentiments. Mais je voudrais vous savoir, vous voir agir de façon plus surnaturelle pour me faire aimer. Allons, Jacques, viens ici. Ce n’est pas pour t’humilier que je t’ai parlé. Comprenons-nous, aimons-nous, au moins entre nous, mes amis… Il y a déjà tant d’incompréhension et de douleur pour le Fils de l’homme ! »

       Jacques, rasséréné, revient à côté de lui.

       374.3 Ils marchent un moment en silence, puis Thomas explose en une exclamation de tonnerre :

       « Pourtant, c’est vraiment honteux !

       – Quoi ? demande Jésus.

       – Mais la lâcheté d’un si grand nombre ! Maître, ne vois-tu pas combien font mine de ne pas te connaître ?

       – Et qu’est-ce que cela fait ? Est-ce que leur manière d’agir changera un iota de ce qui est écrit de moi ? Non. Ce n’est que pour eux que changera ce qui pourrait être écrit. Car dans les livres éternels, il pouvait être dit d’eux : “ les bons disciples ”, alors qu’on écrira : “ Ceux qui ne furent pas bons, ceux pour qui la venue du Messie n’aura servi à rien. ” C’est une parole redoutable, vous savez ? Plus que celle de : “Adam, avec Eve, pécha. ” Parce que je peux effacer ce péché. Mais je ne pourrai pas effacer le reniement du Verbe Sauveur… 374.4 Tournons de ce côté. Je m’arrêterai avec mes frères, avec Simon-Pierre et Jacques dans le faubourg d’Ophel. Judas restera aussi. Mais Simon le Zélote, Jean et Thomas iront à Gethsémani prendre les sacs…

       – Oui, comme ça, Jonas n’avalera pas son agneau de travers » dit Pierre, caustique.

       Les autres rient…

       « Bon, bon ! Ne le raille pas s’il a peur. Demain, ce pourrait être toi.

       – Moi, Maître ? Il est plus facile que la mer de Galilée devienne du vin que, moi, j’aie peur, assure Pierre.

       – Et pourtant… L’autre soir… Ah ! Simon, tu ne paraissais pas fort courageux dans l’escalier du palais de Kouza, dit Judas, narquois, sans trop d’ironie mais… assez sarcastique pour piquer Pierre.

       – C’est parce que… je craignais pour le Seigneur que j’étais agité, moi ! Pas pour autre chose.

       – Bien ! Bien ! Souhaitons-nous de n’avoir jamais… peur pour ne pas faire piètre figure, hein ! » répond Judas en lui frappant l’épaule de la main, d’un air protecteur et mauvais…

       A d’autres moments, sa manière de faire aurait déchaîné une réaction. Mais Pierre, depuis le soir précédent, est en… admiration devant Judas et supporte tout de lui. Jésus dit :

       « Que Philippe et Nathanaël aillent avec André et Matthieu au palais de Lazare prévenir que nous arrivons. »

       Ces derniers se séparent et les autres continuent avec Jésus. Les disciples, hormis Etienne et Isaac, suivent les apôtres envoyés au palais. Au faubourg d’Ophel, nouvelle séparation. Ceux qui sont envoyés à Gethsémani y vont rapidement avec Isaac. Etienne reste avec Jésus, les fils d’Alphée, Pierre, Jacques et Judas et, pour ne pas rester arrêtés au carrefour, ils avancent lentement dans la même direction que ceux qui sont partis à Gethsémani. Ils prennent exactement le raccourci que Jésus parcourra, dans la nuit du jeudi saint, entre ceux qui le torturent. Maintenant, vers midi, le chemin est désert. Après quelques pas, ils tombent sur une toute petite place, avec une fontaine ombragée par un figuier, qui ouvre ses feuilles tendres sur le miroir d’une eau paisible.

       374.5 « Voilà Samuel, l’époux d’Annalia » dit Jacques, fils d’Alphée, qui doit bien le connaître.

       Le jeune homme, chargé de nombreuses provisions, s’apprête à entrer dans la maison avec l’agneau.

       « Il s’occupe du repas pascal pour son parent aussi, relève Jude.

       – S’est-il donc établi ici, maintenant ? N’était-il pas parti ? demande Pierre.

       – Oui, il s’est établi ici. On dit qu’il fréquente la fille de Cléophas, le sandalier. Elle a de l’argent…

       – Ah ! Dans ce cas, pourquoi prétend-il qu’Annalia l’a abandonné ? » demande Judas. « C’est un mensonge !

       – L’homme, répond Jésus à Judas, y a facilement recours. Il ignore qu’en agissant ainsi, il se met sur la voie du mal. Il suffit d’un premier pas, d’un seul pas, pour ne plus pouvoir s’en dégager… C’est de la glu… un labyrinthe… c’est une trappe. Une trappe d’où l’on ne remonte pas…

       – Dommage ! Cet homme paraissait si bon, l’an dernier ! dit Jacques, fils de Zébédée.

       – Oui. Moi, je croyais vraiment qu’il allait imiter son épouse en se donnant tout entier à toi pour faire un couple angélique à ton service. Je l’aurais juré… ! dit Pierre.

       – Mon Simon ! Ne jure jamais de l’avenir d’un homme. Il n’y a rien de plus incertain. Aucun élément qui existe au moment du serment ne peut être une garantie de certitude. Il y a des criminels qui deviennent saints, et des justes, ou des gens qui semblent l’être, qui deviennent criminels » lui répond Jésus.

       374.6 Samuel, pendant ce temps, est entré dans la maison d’où il est ressorti pour aller chercher de l’eau pure à la fontaine… Il voit ainsi Jésus. Il le regarde avec un mépris manifeste et lui lance certainement une insulte, mais elle est dite en hébreu et je ne la comprends pas.

       Judas se précipite, lui saisit un bras et le secoue comme un arbre dont on veut faire tomber les fruits mûrs :

       « Est-ce ainsi que tu parles au Maître, ô pécheur ? Par terre, à genoux ! Tout de suite ! Demande-lui pardon, langue souillée d’ordure de porc ! Par terre ! Ou je te mets en morceaux ! »

       Sa violence subite donne au beau Judas un air terrible ! Son visage s’altère à faire peur. C’est en vain que Jésus essaie de le calmer. Tant que l’Iscariote ne voit pas le blasphémateur à genoux dans la terre boueuse qui entoure la fontaine, il ne relâche pas la pression.

       « Pardon » dit entre ses dents le malheureux, qui doit être torturé par la tenaille des doigts de Judas.

       Mais il le dit mal, et uniquement parce qu’il y est forcé. Jésus répond :

       « Je n’ai pas de rancœur. Toi, si, malgré ce que tu prétends. La parole est inutile si elle n’est pas accompagnée par le mouvement du cœur. Toi, dans ton cœur, tu blasphèmes encore contre moi. Et tu es doublement fautif. En effet, tu m’accuses et tu me hais, pour un motif dont, au fond de ta conscience, tu sais qu’il n’est pas vrai et parce que c’est toi seul qui as manqué à ton devoir, pas Annalia, pas moi. Mais je te pardonne tout. Va et fais en sorte de redevenir honnête et agréable à Dieu. Lâche-le, Judas.

       – Je pars. Mais je te hais ! Tu m’as enlevé Annalia, et je te hais…

       – Tu te consoles pourtant avec Rébecca, la fille du sandalier. Et tu t’en consolais aussi du temps où Annalia était ton épouse et où, malade, elle ne pensait qu’à toi…

       – J’étais veuf… je pensais l’être déjà… et je cherchais une épouse… Maintenant, je reviens vers Rébecca parce que… parce que… Annalia ne veut pas de moi » s’excuse Samuel qui voit ses manigances découvertes.

       Judas porte le coup final :

       « … et parce que Rébecca est très riche. Laide comme une sandale éculée… et vieille comme une semelle perdue sur un sentier… mais riche, cousue d’or !  »

       Et il rit, sarcastique, pendant que l’autre s’enfuit.

       « Comment sais-tu cela ? demande Pierre.

       – Oh !… il est facile de savoir où sont les filles à marier et l’argent !

       – Bien ! Nous prenons le sentier, Maître ? Cette place est un vrai four. Là, il y a de l’ombre et de l’air » supplie Pierre, en nage.

       374.7 Ils marchent lentement, pour attendre le retour des autres. La ruelle est déserte. Une femme sort d’une porte et vient se prosterner en pleurant aux pieds de Jésus.

       « Qu’as-tu ?

       – Maître !… Tu es déjà purifié ?

       – Oui. Pourquoi me poses-tu cette question ?

       – Parce que je voulais te dire… Mais tu ne peux pas t’en approcher. Ce n’est qu’une pourriture… Le médecin le dit infecté. Après la Pâque, j’appellerai le prêtre… et… et Hinnon l’accueillera. Ne dis pas que je suis coupable. Moi, je ne savais pas… Il a travaillé plusieurs mois à Joppé, et il est revenu dans cet état, en disant qu’il s’était blessé. J’ai employé les baumes et les lavages avec les aromates… Mais cela n’a servi à rien. J’ai consulté un herboriste. Il m’a donné des poudres pour le sang… J’ai éloigné les enfants… j’ai mis son lit à part… car… je commençais à comprendre. Le mal a empiré. J’ai appelé le médecin. Il m’a dit : “ Femme, tu connais ton devoir et moi le mien. C’est une plaie due à la débauche. Sépare-le de toi. Moi, je le séparerai du peuple, et le prêtre d’Israël. Il aurait dû y penser quand il offensait Dieu, toi, et lui-même. Maintenant, qu’il expie. ” J’ai obtenu son silence jusque qu’après la fête des Azymes. Mais si tu avais pitié du pécheur, de moi qui l’aime encore, et des cinq enfants innocents…

       – Que veux-tu que je fasse ? Ne penses-tu pas qu’il a péché et qu’il est juste qu’il expie ?

       – Si, Seigneur ! Mais tu es la Miséricorde vivante ! »

       Toute la foi dont une femme est capable se manifeste dans sa voix, dans son regard, dans son attitude de suppliante agenouillée, les bras tendus vers le Sauveur.

       « Et lui, qu’a-t-il dans le cœur ?

       – Le découragement… Que veux-tu qu’il ait d’autre, Seigneur ?

       – Il suffirait d’un sentiment de repentir surnaturel, de justice, pour obtenir la pitié…

       – De justice ?

       – Oui. Qu’il reconnaisse : “ J’ai péché. Ma faute mérite cela et bien davantage, mais je demande de la pitié à ceux que j’ai offensés. ”

       – Moi, je la lui ai déjà donnée. Toi, Dieu, donne-la lui. Je ne peux pas te dire d’entrer. Tu vois que je ne te touche pas non plus… 374.8 Mais, si tu veux, je vais l’appeler et, du haut de la terrasse, je le ferai parler.”

       – Oui. »

       La femme, la tête dans l’entrée de la maison, appelle à haute voix :

       « Jacob ! Jacob ! Monte sur le toit. Montre-toi. N’aie pas peur. »

       Au bout d’un moment, l’homme apparaît au parapet de la terrasse : un visage jaunâtre, bouffi, la gorge et une main bandées… une ruine d’homme corrompu… Il regarde avec les yeux vitreux d’un malade qui souffre de maux ignobles. Il demande :

       « Qui me veut ?

       – Jacob, le Sauveur est là ! »

       La femme ne dit rien de plus, mais elle semble vouloir hypnotiser le malade, lui transmettre sa pensée…

       L’homme, soit qu’il sente le souhait de sa femme, soit qu’il ait un mouvement spontané, tend les bras en disant :

       « Oh ! délivre-moi ! Je crois en toi ! Il est horrible de mourir de cette façon !

       – Il est horrible de manquer à son devoir. Tu ne pensais pas à elle ? Pas à tes enfants ?

       – Pitié, Seigneur… Pour eux, pour moi… Pardon ! Pardon ! »

       Et il s’abat en pleurant sur le muret, les mains bandées dépassant avec tout le bras, qui reste à découvert à cause des manches remontées, souillé déjà par les pustules toutes proches, enflé, repoussant… L’homme, dans cette position, a l’air d’une marionnette macabre, une dépouille jetée là, déjà sur le point de se décomposer. Il fait peine à voir et donne la nausée.

       La femme pleure, toujours agenouillée dans la poussière. Jésus semble attendre encore un mot… Il arrive enfin, au milieu des sanglots :

       « Je gémis près de toi, mon cœur est contrit ! Promets au moins qu’eux ne souffriront pas de la faim… et puis… je m’en irai, résigné, à l’expiation. Et toi, sauve mon âme, Sauveur béni ! Elle au moins ! Elle au moins !

       – Oui. Je te guéris. A cause des innocents. Pour te donner la possibilité de te montrer juste. Tu comprends ? Rappelle-toi que le Sauveur t’a guéri. Dieu, selon la façon dont tu répondras à cette grâce, te pardonnera tes fautes. Adieu ! Paix à toi, femme. »

       Et il part presque en courant à la rencontre de ceux qui arrivent de Gethsémani, sans même se laisser arrêter par les cris de l’homme qui se sent et se voit guéri, ni par ceux de sa femme…

       « Prenons cette ruelle pour ne pas passer de nouveau par là », dit Jésus après s’être réuni aux autres.

       374.9 Ils prennent un boyau misérable, si étroit que l’on a du mal à y passer à deux de front et, si on croise un âne avec un bât, il n’y a plus qu’à se coller au mur comme un timbre-poste. Il y fait sombre à cause des toits qui se touchent presque, et on y trouve solitude, silence et odeurs nauséabondes. Ils marchent en file indienne comme un défilé de moines tout le long de cette pauvre venelle. Puis ils se réunissent sur une petite place remplie de jeunes garçons.

       « Pourquoi as-tu parlé ainsi à cet homme ? Tu ne le fais jamais… demande Pierre, curieux.

       – Parce que cet homme sera un de mes ennemis et cette faute à venir aggravera celles qu’il a déjà commises.

       – Et tu l’as guéri ! s’écrient-ils tous, stupéfaits.

       – Oui. A cause des enfants innocents.

       – Hum ! Il se rendra de nouveau malade…

       – Non. Après l’épouvante et la souffrance qu’il a connues, il fera attention à la vie du corps. Il ne se rendra plus malade.

       – Mais il péchera contre toi, dis-tu ? Moi je l’aurais fait mourir.

       – Tu es un pécheur, Simon, fils de Jonas.

       – Et toi, tu es trop bon, Jésus de Nazareth » réplique Pierre.

       Ils disparaissent dans une rue centrale, et je ne vois plus rien.

       374.10 Remarque personnelle.

       Je reconnais aussi bien Jacob, l’homme guéri, que Samuel. Le premier est celui qui, pendant la Passion, frappa Jésus à la tête avec un caillou. Mieux que lui, je reconnais sa femme, désolée maintenant comme alors, et la maison qui a une porte dont il est facile de se souvenir, car on y accède par trois marches. De même, sous le voile de haine qui le transforme, je reconnais en Samuel le jeune homme qui a tué sa mère d’un coup de pied pour pouvoir aller frapper le Maître avec une matraque.

       Pour ma part, je mettrai ces notes au bas de la page N… de la Passion.

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