Une initative de
Marie de Nazareth

Une prémonition de l’apôtre Jean

lundi 26 mars 29
Adomin

Vision de Maria Valtorta

       379.1 « Où allons-nous, alors que le soir descend ? » se demandent les apôtres.

       Ils discutent de ce qui est arrivé, mais sans parler à voix haute pour ne pas accabler le Maître qui, visiblement, est très songeur.

       La nuit tombe pendant qu’ils marchent toujours derrière le Maître, pensif. Mais un village apparaît au pied d’une chaîne de monts très découpés.

       « Arrêtons-nous ici pour passer la nuit » ordonne Jésus. « Ou plutôt, arrêtez-vous ici. Moi, je vais prier sur ces monts…

       – Seul ? Ah non ! tu ne va pas seul sur l’Adomin ! Avec tous ces voleurs à l’affût, non, tu n’y vas pas ! dit Pierre d’un ton résolu.

       – Et que veux-tu qu’ils me fassent ? Je n’ai rien !

       – Tu as… Toi-même. Je parle des vrais voleurs, ceux qui te haïssent. Et, pour eux, ta vie suffit. Tu ne dois pas être tué comme… comme… comme ça, voilà, dans une vile embuscade, pour donner à tes ennemis la possibilité d’inventer je ne sais quoi pour éloigner les foules, même de ta doctrine, réplique Pierre.

       – Simon-Pierre a raison, Maître » renchérit Jude. « Ils seraient bien capables de faire disparaître ton corps et de dire que tu t’es enfui, te sachant démasqué. Ou, mieux encore, de… l’emmener dans un endroit malfamé, chez une courtisane, pour pouvoir dire : “ Vous voyez où et comment il est mort ? Dans une rixe pour une prostituée. ” Tu as bien dit : “ Persécuter une doctrine signifie en accroître la puissance ” et j’ai remarqué, parce que je ne l’ai jamais perdu de vue, que le fils de Gamaliel, à ces mots, t’approuvait de la tête. Mais on dit avec raison que couvrir de ridicule un saint et sa doctrine est l’arme la plus sûre pour la faire tomber et retirer toute estime des foules envers le saint.

       – Oui, et cela ne doit pas arriver pour toi, achève Barthélemy.

       – Ne te prête pas au jeu de tes ennemis » ajoute Simon le Zélote. « Pense que ce ne serait pas seulement toi, mais la Volonté qui t’a envoyé, qui serait anéantie par cette imprudence, et on verrait ainsi que les fils des Ténèbres ont été, au moins momentanément, victorieux de la Lumière.

       – Mais oui ! Tu ne cesses de dire que tu dois être tué, ce qui nous transperce le cœur. Je me rappelle ton reproche à Simon-Pierre, et je ne te dis pas : “ Que cela n’arrive jamais. ” Mais je ne crois pas être Satan si je dis : “ Au moins, que cela arrive de telle manière que tu en sois glorifié, que ce soit un sceau sans équivoque pour ton Etre saint et une condamnation certaine pour tes ennemis. Que les foules le sachent, qu’elles puissent avoir des indices qui leur permettent de se rendre compte et de croire. ” Au moins cela, Maître ! La mission des Maccabées n’est jamais apparue aussi sainte que lorsque Judas, fils de Mattathias, mourut en héros et en sauveur sur le champs de bataille. Tu veux aller sur l’Adomin ? Nous venons avec toi. Nous sommes tes apôtres ! Là où tu vas, toi le Chef, nous devons aller, nous tes ministres, dit Thomas, que peu de fois j’ai entendu parler avec une éloquence aussi solennelle.

       – C’est vrai ! C’est vrai ! Et s’ils t’agressent, ils doivent s’en prendre à nous en premier ! approuvent plusieurs.

       – Ah ! ils ne vont pas s’en prendre à nous si facilement ! Ils sont en train de soigner la brûlure des paroles de Claudia et… ils sont tellement rusés, trop rusés ! Ils ne manqueront pas de considérer que Pilate saurait qui frapper pour ta mort. Ils se sont trop trahis, et cela aux yeux de Claudia. Ils vont donc réfléchir pour étudier des pièges plus sûrs qu’une vulgaire agression. Peut-être notre peur est-elle stupide. Nous ne sommes plus de pauvres inconnus comme auparavant. Maintenant, il y a Claudia ! dit Judas.

       – C’est bien, c’est bien… Mais ne prenons pas ce risque. 379.2 Que veux-tu faire ensuite sur l’Adomin ? demande Jacques, fils de Zébédée.

       – Prier et chercher un endroit où nous pourrons prier tous, dans les jours à venir, pour nous préparer à de nouvelles luttes, de plus en plus acharnées.

       – Des ennemis ?

       – Et aussi de notre moi. Il a grand besoin d’être fortifié.

       – Mais n’as-tu pas dit que tu voulais aller à la frontière de la Judée et au-delà du Jourdain ?

       – Oui, et je m’y rendrai, mais après la prière. J’irai à Acor, puis à Jéricho, en passant par Doco.

       – Non, non Seigneur ! Ce sont des endroits funestes pour les saints d’Israël. N’y va pas, n’y va pas ! C’est moi qui le dis, je le sens. Il y a quelque chose qui me le souffle : n’y vas pas. Au nom de Dieu, n’y vas pas ! » crie Jean, qui semble près de perdre connaissance, comme s’il était pris par un sentiment de peur extatique….

       Tous l’observent d’un air stupéfait, car ils ne l’ont jamais vu ainsi. Mais personne ne se moque de lui. Ils ont l’impression d’être devant un fait surnaturel et ils gardent respectueusement le silence.

       Jésus se tait lui aussi jusqu’à ce qu’il voie Jean reprendre son aspect habituel et dire :

       « Ah ! mon Seigneur, comme j’ai souffert ! 

       – Je sais. Nous irons à Carit. Que dit ton esprit ? »

       Je suis profondément frappée par le respect avec lequel Jésus s’adresse à son apôtre inspiré. 

       « C’est à moi que tu poses cette question, Seigneur ? Au pauvre enfant simplot que je suis, toi qui es la Sagesse ?

       – A toi, oui. Le plus petit est le plus grand quand, avec humilité, il entre en communication avec son Seigneur pour le bien de ses frères. Parle donc…

       – Oui, Seigneur. Allons à Carit. Il s’y trouve des gorges sûres pour se recueillir en Dieu, proches des routes qui mènent à Jéricho et en Samarie. Nous descendrons pour rassembler ceux qui t’aiment et qui espèrent en toi, et nous te les amènerons, ou bien nous te conduirons à eux, puis nous nous nourrirons encore de prière… Et le Seigneur descendra parler à notre âme… pour ouvrir nos oreilles, qui entendent le Verbe, mais ne le comprennent pas pleinement… pour envahir surtout notre cœur par ses feux. Car c’est seulement si nous brûlons que nous saurons résister aux martyres de la terre. En effet, c’est seulement si nous avons d’abord éprouvé le doux martyre de l’amour plénier que nous pourrons être prêts à subir celui de la haine humaine… Seigneur… qu’ai-je dit ?

       – Mes propres paroles, Jean. N’aie pas peur. Arrêtons-nous donc ici et, demain, à l’aube, nous partirons sur les monts.       

         

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