Une initative de
Marie de Nazareth

Leçon sur les dommages causés par l’oisiveté

jeudi 16 novembre 28
Nazareth

Vision de Maria Valtorta

       306.1 Le soir tombe vite en décembre ; on allume de bonne heure les lampes et la famille se réunit dans une seule pièce. Il en est de même dans la petite maison de Nazareth, et pendant que les deux femmes travaillent, l’une au métier à tisser et l’autre à la couture, Jésus, assis près de la table avec Jean d’En-Dor, parle doucement avec lui pendant que Marziam achève de polir deux coffres posés par terre.

       L’enfant y met toutes ses forces jusqu’au moment où Jésus, s’étant levé et penché sur le bois, dit en le touchant :

       « Cela suffit. Il est bien poli et nous pourrons le vernir demain. Maintenant, range tout pour que demain nous travaillions encore. »

       Et pendant que Marziam sort avec les outils de polissage – spatules dures avec, clouées dessus, des peaux rugueuses de poissons, qui remplissent l’office de notre papier de verre, et des espèces de couteaux qui ne sont certainement pas en acier employés pour le même travail –, Jésus prend dans ses bras robustes un des coffres et le porte à l’atelier, où l’on a sûrement travaillé car il y a de la sciure et des copeaux près de l’un des établis replacé pour la circonstance au milieu de la pièce. Marziam a remis ses outils en place sur leurs supports et il est en train de ramasser les copeaux pour les jeter au feu. Il voudrait enlever la sciure, mais Jean d’En-Dor préfère s’en charger. Tout est donc en ordre quand Jésus revient avec le second coffre qu’il place près du premier.

       306.2 Tous trois sont sur le point de sortir quand on entend frapper à la porte de la maison et, tout de suite après, la voix grave de Simon le Zélote fait retentir une salutation profonde adressée à Marie :

       « Je te salue, Mère de mon Seigneur, et je bénis votre bonté qui me permet d’habiter sous votre toit.

       – Simon est arrivé. Nous allons connaître la raison de son retard. Allons… » dit Jésus.

       Quand ils entrent dans la petite pièce où l’apôtre se trouve avec les femmes, il est en train de déposer un gros paquet qu’il porte sur les épaules.

       « Paix à toi, Simon…

       – Oh ! Maître béni ! Je suis en retard, n’est-ce pas ? Mais j’ai tout fait comme il faut… »

       Ils s’embrassent. Puis Simon reprend son récit :

       « Je suis allé chez la veuve du menuisier. Tes secours sont très utiles. La vieille mère est très malade, par conséquent les dépenses augmentent. Le petit menuisier s’ingénie à travailler sur des objets petits comme lui et se souvient toujours de toi. Tous te bénissent. Puis je suis allé chez Nara, Samira et Sira. Leur frère est plus dur que jamais. Mais elles vivent en paix, comme des saintes qu’elles sont, et elles mangent leur pauvre pain assaisonné de larmes et de pardon. Elles te bénissent pour le secours envoyé. Mais elles te supplient de prier pour que leur dur frère se convertisse. La vieille Rachel te bénit elle aussi pour l’obole. Je suis enfin allé à Tibériade pour les achats. J’espère avoir bien fait. Les femmes vont regarder… Mais j’ai été retenu à Tibériade par certains qui croyaient que j’étais ton envoyé : ils m’ont séquestré pendant trois jours… Ah ! C’était une prison dorée, si l’on veut ! Mais tout de même une prison… Ils voulaient savoir plein de choses… J’ai dit la vérité : que tu nous avais tous congédiés, et que tu t’étais retiré de ton côté pour le plus fort de l’hiver… Quand ils ont été persuadés que c’était vrai – parce qu’ils sont allés chez Simon, fils de Jonas, et chez Philippe sans te trouver et sans rien apprendre de plus –, ils m’ont laissé partir. Même l’excuse du mauvais temps disparaissait avec ces belles journées. Voilà pourquoi j’ai tardé.

       – Peu importe. Nous aurons du temps pour rester ensemble. Je te remercie de tout…

       306.3 Mère, regarde avec Syntica ce qu’il y a dans le paquet, et dis-moi si cela te paraît suffisant pour ce que tu sais… »

       Pendant que les femmes défont le paquet, Jésus s’assied pour parler avec Simon.

       « Et toi, qu’as-tu fait, Maître ?

       – J’ai fabriqué deux coffres pour ne pas rester oisif et parce qu’ils seront utiles. Je me suis promené, j’ai profité de ma maison… »

       Simon le regarde très fixement… mais il ne dit rien. Les exclamations de Marziam qui voit sortir du paquet de la toile, de la laine, des sandales, des voiles et des ceintures, font se retourner Jésus et ses deux compagnons.

       Marie dit :

       « Tout va bien, très bien. Nous nous mettrons immédiatement au travail, et tout sera bientôt cousu. »

       L’enfant demande :

       « Tu te maries, Jésus ? »

       Tous rient et Jésus demande :

       « D’où te vient cette idée ?

       – De ces affaires qui sont pour homme et pour femme, et des deux coffres que tu as faits. C’est pour ton trousseau et celui de l’épouse. Tu me la feras connaître ?

       – Tu veux vraiment connaître mon épouse ?

       – Oh oui ! Elle sera sûrement belle et bonne ! Elle s’appelle comment ?

       – C’est un secret, pour le moment, car elle a deux noms, comme toi qui étais auparavant Yabeç, puis es devenu Marziam.

       – Et je ne peux pas les savoir ?

       – Pour le moment, non. Mais un jour, tu les sauras.

       – Tu m’inviteras au mariage ?

       – Ce ne sera pas une fête pour les enfants. Je t’inviterai pour la fête nuptiale. Tu seras l’un des invités et des témoins. Cela te va-t-il ?

       – Mais dans combien de temps ? Un mois ?

       – Oh ! Beaucoup plus !

       – Et alors pourquoi as-tu travaillé si vite, au point de te faire des ampoules aux mains ?

       – Elles sont venues parce que je ne travaille plus manuellement. 306.4 Tu vois, mon enfant, que l’oisiveté est pénible ? Toujours. Quand ensuite on se remet au travail, on souffre doublement parce qu’on est devenu trop délicat. Réfléchis ! Si cela nuit pareillement aux mains, quel mal cela fera-t-il à l’âme ? Vois-tu ? Moi, ce soir, j’ai dû te dire : “ aide-moi ”, parce que je souffrais tellement que je ne pouvais plus tenir la râpe, alors qu’il y a seulement deux ans, je travaillais jusqu’à quatorze heures par jour sans éprouver de souffrance. C’est la même chose pour celui dont l’ardeur et la volonté s’attiédissent. Il se rend mou, il s’affaiblit. Il se lasse plus facilement de tout. Les poisons des maladies spirituelles pénètrent en lui avec plus de facilité, à cause de sa faiblesse. A l’opposé, c’est avec une double difficulté qu’il accomplit les bonnes œuvres dont l’exécution ne lui coûtait pas auparavant parce qu’il était entraîné. Ah ! Il ne faut pas rester oisif, en se disant : “ Une fois cette période passée, je me remettrai au travail plus dispos. ” On n’y parviendrait jamais, ou bien ce serait au prix d’un très grand effort.

       – Mais toi, tu n’as pas été oisif !

       – Non, j’ai travaillé autrement. Mais tu vois que l’oisiveté de mes mains leur a été nuisible. »

       Et Jésus montre ses paumes rougies avec çà et là des ampoules. Marziam y dépose un baiser en disant :

       « Ma mère me faisait ça quand j’avais mal, parce que l’amour guérit.

       – Oui, l’amour guérit de beaucoup de choses… Eh bien… Viens, Simon ! Tu dormiras dans l’atelier du menuisier. Viens donc, que je te fasse voir où tu peux mettre tes vêtements et… »

       Ils sortent et tout prend fin.

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